• Kostas Karyotakis : Seul * Μόνο (Mono)

    solitude-aravis.jpg

      

    Kostas Karyotakis (Κώστας Καρυωτάκης, 1896-1928) "poète grec du désespoir", a voulu se battre contre la médiocrité. Il s'est finalement donné la mort.

    Certains de ses poèmes ont été réassortis par la musique de l'étonnante et très créative Lena Platonos, dont l'univers musical est très personnel, unique.

    La voix pure et délicate de Savina Yannatou vient sensiblement envelopper et développer cet air poétique (musique : Lena Platonos).

    C'est très court. C'est très beau.
          

    Kostas Karyotakis (Κώστας Καρυωτάκης, 1896-1928), "greek poet of the despair", wanted to fight mediocrity. He finally committed a suicide.

    Some of his poems have been matched again by the amazing and creative music of Lena Platonos, whose musical universe is very personnal, unique.

    The pure and delicate voice of Savina Yannatou envelops and expands with sensitiveness this poetic aria (music : Lena Platonos).

    It's very short. It's very beautiful.
                              
                                                                         
    Thanks to appl3bite for this video (1982).


    Le poème original grec et sa traduction française :

    Μόνο

    Αχ, όλα έπρεπε να 'ρθουν καθώς ήρθαν!

    Οι ελπίδες και τα ρόδα να μαδήσουν.

    Βαρκούλες να μου φύγουνε τα χρόνια,

    να φύγουνε, να σβήσουν.

     

    'Ετσι, όπως εχωρίζαμε τα βράδια,

    για πάντα να χαθούνε τόσοι φίλοι.

    Τον τόπο που μεγάλωνα παιδάκι

    ν' αφήσω κάποιο δείλι.

     

    Τα ωραία κι απλά κορίτσια - ω, αγαπούλες! -

    η ζωή να μου τα πάρει, χορού γύρος.

    Ακόμη ο πόνος, άλλοτε που ευώδα,

    να με βαραίνει στείρος.

     

    Όλα έπρεπε να γίνουν. Μόνο η νύχτα

    δεν έπρεπε γλυκιά έτσι τώρα να 'ναι,

    να παίζουνε τ' αστέρια εκεί σαν μάτια

    και σα να μου γελάνε.

       

    Seul

    Ah, tout ce qui devait arriver est advenu !

    Les espoirs et les roses à effeuiller.

    Des barques pour me laisser au fil des ans,

    pour partir, pour s’évanouir.

     

    Ainsi, comme nous avait séparé le soir,

    pour que les amis se perdent à jamais.

    De l’endroit où j’avais grandi petit enfant

    devoir partir lâchement.

     

    Les filles belles et simples – oh, très chères ! –

    la vie me prendra, ronde d’une danse.

    Encore la douleur, parfois parfumée,

    me pèsera inféconde.

     

    Tout devait arriver. Seulement la nuit

    il ne fallait pas la douceur, et maintenant si,

    pour que les étoiles jouent là comme des yeux

    et qu’elles me sourient.
                                                                                                                                                      
    Κώστας Καρυωτάκης in Νηπενθή, 1921   Traduction personnelle* (corrections d'Annie, ευχαριστώ- merci).

     

    *Il peut y avoir des erreurs : corrections et propositions de traductions différentes très bienvenues (voir commentaires).

     

     

     Seulement

    Ah, tout devait un jour finir ainsi !
    Espoirs et fleurs fanés ne plus renaître.
    Frêles bateaux, les années s'éloigner,
    s'éloigner, disparaître.

    Se dire adieu comme on se dit bonsoir,
    tous les amis, les perdre à tout jamais,
    quitter un jour les lieux de mon enfance
    que tendrement j'aimais.

    Simples, jolies, les filles — ô mignonnes ! —
    danser un peu, puis s'en aller, lointaines.
    Et la douleur, qui embaumait naguère,
    devenir lourde et vaine.

    Oui, tout devait arriver. Mais la nuit
    ne devrait pas aussi doucement bruire
    ni les étoiles cligner tels des yeux
    qui semblent me sourire.

     

     
    Alone
    Oh, all had to 'come the way they did!
    The hopes and roses to pluck.
    Boats to leave, my years,
    to leave, to get extinguished.

    Thus, the way we separated at night,
    forever so many friends to be lost.
    The place I was growing up as a child
    to have to leave during some night.

    The nice and simple girls - Oh, darlings! -
    for life to get them from me, a dancing round.
    Even for the pain, which was scented sometime,
    to fall on me infertile.

    Everything had to be done. Only the night
    should not be so sweet now
    and for the stars to play there like eyes
    as if laughing at me.

                  Traduction de Michel Volkovitch
    (ajoutée le 01/09/2016)

         

    Translated from the Greek by /Traduction anglaise :
     Annie (ευχαριστώ πολύ !)


    Une autre version musicale pour ce poème, ici, composée par Yannis Spanos (Γιάννης Σπανός) et interprétée par Yannis Poulopoulos (Γιάννης Πουλόπουλος).
    Another musical version for this poem, here, composed by Yannis Spanos (Γιάννης Σπανός) and interpretated by Yannis Poulopoulos (Γιάννης Πουλόπουλος).

     


    video : tanstil


    Links/ Liens :
    Biographie de Kostas Karyotakis sur le site de Mikis Theodorakis
    English translations of some Karyotakis' poems

    Lena Platonos, myspace music

     

    Lena Platonos a réalisé en 1982 un album à partir de 13 des poèmes de Kostas Karyotakis/ Lena Platonos released in 1982 an album with 13 of Kostas Karyotakis' poems:

     

    Σε Παλιό Συμφοιτητή-  à un ancien ami étudiant
    To An Old Fellow-University Student

    And also...
    un sourire -a smile- χαμογέλο

    le soir- το βράδυ- the evening,  και τα λοιπα, και τα λοιπα ...

    Poèmes de Kostas Karyotakis sur ce blog
    Poèmes de Karyotakis sur le blog d'Oulipia

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 13 Octobre 2010 à 17:10
    Dornac

    Merci mireio.

    2
    mireio
    Jeudi 18 Avril 2013 à 09:46
    mireio


    bonjour ; bien sûr, toute poésie est intraduisible. Toutefois, pour Μόνο, voici comment je comprends le poème :
    Ah, tout devait arriver comme c'est arrivé !
    Les espoirs et les roses à effeuiller.
    Les barques pour que les années fuient,
    qu'elles fuient, qu'elles s'effacent.

    Ainsi, comme nous avaient séparés les soirs,
    D'avoir perdu à jamais tant d'amis.
    L'endroit où, petit enfant, j'ai grandi,
    par quelque lâcheté de l'avoir quitté.

    Les belles et simples jeunes filles – ô, petites chéries !-
    que la vie me les prenne, en un tour de danse.
    Que jadis si parfumée, la douleur
    me pèse encore, stérile.

    Tout cela devait arriver. Seule la nuit ne devait pas être douce comme maintenant,
    les étoiles s'amuser là comme des yeux,
    et comme si elles riaient de moi.

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