• La ville de Naoussa (en Macédoine) * Νάουσα (Ημαθίας)

    Naoussa

    Naoussa est une jolie ville de Macédoine (grecque), à quelques kilomètres au sud ouest de Thessalonique.

     Sur cette photo, légèrement à gauche, on distingue la sculpture d'une héroïne inconnue de la guerre d'indépendance grecque. Les occupants ottomans attaquèrent la ville en mars 1822 et durent faire face à des habitants très résistants et combatifs (16 000 Turcs contre 4000 Grecs), si bien qu'au bout de dix jours, ils furent obligés de bombarder les murs de la ville. C'est seulement 15 jours après qu'ils franchirent l'entrée avec un renfort de 3000 hommes. Alors que les rebelles quittèrent la cité, une partie des femmes se suicida avec leurs enfants pour échapper à l'agresseur en se jetant d'une falaise dans la rivière Arapitsa qui coule sur les flancs de la ville (voir les photos plus bas de la cascade en question). Cet acte a permis à Naoussa d'être considérée comme une ville héroïque.

     

    Naoussa

     

    Comme dans tout le nord de la Grèce, on retrouve au centre de Naoussa l'architecture ottomane avec ses maisons à encorbellement. Certaines sont réhabilitées, d'autres malheureusement sont très abîmées...

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     Au fond, le mont Vermion.

     

    Naoussa

     

    Naoussa

    Το Ρολόι - To roloï : l'horloge

    C'est en visitant ce quartier que j'ai rencontré Dimitrios, un adorable et chaleureux retraité de 83 ans, avec qui j'ai discuté et qui a finalement passé l'après-midi avec moi pour me faire visiter le reste de la ville, sous le cagnard, avec une sacrée énergie. Ancien menuisier (et inventeur), il avait travaillé durement toute sa vie, notamment en Allemagne, puis était venu s'installer à Naoussa.
    Il fait encore des travaux de temps en temps : en effet, il vit avec une retraite très très faible (moins de 400 euros par mois), comme la plupart des retraités grecs en ce moment.
    Comme à chaque fois, et trop souvent, j'ai honte de cette Europe qui tue les Grecs. Cette Europe-là, dont les bureaux pleins d'électricité statique sentent le plastique, me donne envie de vomir.

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

    Naoussa est connue pour son carnaval (Apokries) où, traditionnellement, on défile en musique et costumes, accompagnés des janissaires (Γενίτσαροι génissaires) et les boulès : anciens soldats grecs de l'armée ottomane, convertis de force à l'Islam et notables grecs. Ils exécutent des danses et sont caricaturés par un visage blanc avec une moustache à la Dali et des petits yeux rieurs (le masque du film "V" pour vendetta ne s'en est pas inspiré mais représente Guy Fawkes, un rebelle du XVIe siècle). 
    La tradition remonterait à un culte de Dionysos dans l'Antiquité.
    Cette enseigne est celle d'une association culturelle qui organise des spectacles autour de cette fête.

     


    Video : foninaousis
    Apokries. Les janissaires

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     La cascade où se jetèrent les femmes de Naoussa pour échapper aux Turcs

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

     

    Naoussa

    C'est aussi le pays de la vigne (un très bon vin rouge)
    et des confitures (les vergers sont nombreux)

    À Naoussa naissent parfois des fées... 

    Liens/ Links

    Le site de la ville (entrée en anglais possible)

    Les traditions musicales de Naoussa :
      Une émission sur la ville (en grec)
      Court reportage sur les janissaires et Boulès
      Vidéo d'un particulier sur le carnaval

    Wikipedia sur les janissaires

     

    « Theodoros Rallis (Theodore Jacques Ralli) : portraits de femmes * Θεόδωρος ΡάλληςYannis Ritsos : Où s'est-il envolé ? * Πού πέταξε τ΄αγόρι μου »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Pin It

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    1
    peripatitis
    Jeudi 22 Juin à 03:05

    Pour échapper aux "Trucs" (sic ! ) que leur réservaient les Ottomans, elles n'avaient guère le choix... Un peu partout, la même chose s'est produite, ces histoires de saut dans le vide pour préserver sa dignité à défaut de sauver sa vie sont nombreuses. Les Souliotes d'Épire, par exemple.

    J'ai trouvé que la vidéo sur la danse des janissaires laisse apparaître une forte parenté avec les danses pontiques. 

    Les janissaires étaient enlevés en bas âge par les Ottomans dans les communautés chrétiennes de l'empire ou razziés dans des opérations de piraterie, convertis et éduqués à la dure dans des établissements militaires pour en faire des machines à tuer sans état d'âme. 

    Échange de bons procédés:

    -l'implication de l'Allemagne de Guillaume II dans le génocide arménien, à propos duquel Hitler pourra poser la terrible question "Qui aujourd'hui se souvient encore des Arméniens ?" pour justifier que tout est permis si l'on est déterminé

    -le modèle du système janissaire qui s'est perpétué dans la pratique des nazis d'enlever dans l'Europe entière des enfants conformes à leur critères raciaux délirants pour en faire une troupe d'élite fanatisée. Le temps leur a manqué pour parvenir à leur but, mais les victimes de ce système, corrolaire du "Lebensborn", survivants déracinés et psychologiquement ravagés ont été peu nombreux à pouvoir se reconstruire ou retrouver leur communauté d'origine.

      • Lundi 26 Juin à 11:56

        Merci pour votre œil affûté et votre amusant petit jonglage autour de ma coquille, j'en fais beaucoup en ce moment (c'est la saison) et j'oublie aussi certaines traductions (janissaire, par exemple).

        Merci de rappeler l'histoire des Souliotes qu'on retrouve dans une série télévisée (1972), dont on peut voir quelques extraits ici et .

        Merci beaucoup aussi pour les compléments d'information concernant les janissaires (j'ai un peu ramé pour en trouver) et dont j'aimerais connaître la source pour m'y replonger. Je ne savais pas non plus que cela avait inspiré les nazis.

        Pour les danses pontiques, Naoussa est en Macédoine : on est à proximité de la Thrace, je suppose donc que c'est assez logique de trouver des similitudes avec les danses pontiques. Les informations que j'ai lues sur le sujet précisent que cette danse est très codifiée tout comme le défilé, tout comme l'utilisation de certains instruments de musique et donc de la musique. Les organisateurs veilleraient au respect de ces règles, inchangées depuis (au moins) le XIXe siècle.

    2
    peripatitis
    Mardi 27 Juin à 13:21

    Je ne prétends pas que les nazis se sont explicitement inspirés du système des janissaires, mais les ressemblances sont troublantes. Un ordre militaire avec des arrières-plans ésotériques, un sytème de "récolte" d'enfants ( à l'instar de la "devchirmé"...) pour augmenter les potentialités militaires futures, une fois qu'ils auront été formés, le fait de les traiter comme un élevage d'élite de bétail humain, c'est assez similaire. Les différences, ce sont l'aspect "racial" qui n'intéressait pas du tout les janissaires, et les pouponnières chargées d'accueiillir la production de bébés issus de l'optimisation de l'expansion de la race des seigneurs par les étalons nazis .

    Ce documentaire, remarquable, traite du Lebensborn et de ce que les nazis en espéraient. Leur Reich de mille ans n'en aura duré que douze, le temps de dégats incommensurables en Allemagne et dans tous les pays qu'ils ont ravagés, dont notamment la Grèce, mais un temps insuffisant pour mener ce projet-là à son terme. 

    Il reste les victimes survivantes et douloureuses de ce système mortifère, dont les quelques cas emblématiques ici évoqués.

    http://www.dailymotion.com/video/x297cbk_les-enfants-du-projet-lebensborn-au-nom-de-la-race-pure_school

    Autre chose:

    L'infamie n'ayant pas de limites, volià que Chrissi Avghi recycle dans son hymne officiel la mélodie et les paroles du Horst Wessel Lied, hymne du parti nazi, en principe interdit en Grèce. Et tous les slogans de l'époque, parfaitement décalqués. Une injure absolue au martyre de la Grèce à cette période. C'est pénible à regarder, surtout si l'on exècre les inexpressives et monocordes voix de basse si chères aux militaires du monde entier, mais édifiant.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=FLdHKGwYjtk

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    3
    peripatitis
    Mercredi 28 Juin à 17:37

    C'est une conséquence de l'histoire récente de la Grèce, mais la constitution qui a suivi la chute de la junte des colonels ne permet pas d'interdire un parti politique, ce qui part d'une principe louable. Les groupes armés, en revanche, peuvent subir les foudres de la loi, mais le procès à rallonge des meurtriers de Pavlos Fyssas démontre qu'on peut presque indéfiniment flirter avec la limite sans grands risques. Χ.Α. est toujours parvenu jusqu'ici à s'en tirer sans trop de dommages. 

    À quelques kilomètres de Trikala, un peu au nord de la route Trikala - Larissa, j'ai traversé par hasard une petite bougade agricole qui vit aussi de l'activité des carrières toutes proches : Chrysavgi. Je compatis au malheur des habitants qu'on désigne forcément par un terme malsonnant...

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :