• Le concert d'Eleftheria Arvanitaki à Ikaria, 13 août 2015 *Ελευθερία στην Ικαρία

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    Eleftheria Arvanitaki est née au Pirée, le port d'Athènes, le lieu des départs pour les îles, dont Ikaria. La chanteuse a des attaches particulières dans cette île, précisément des attaches familiales puisqu'une partie de sa famille (sa mère et son frère) y vivent, à Oxia et Maganitis.

    Au début du spectacle, elle a rappelé qu'elle n'avait pas fait de concert dans l'île depuis 14 ans, à cause de cela, elle parlait de son trac avant de chanter (pas de routine pour la liberté). J'imagine que plutôt d'avoir le trac, on préfère ne pas venir. Mais ce n'est pas ça : Eleftheria Arvanitaki est une star en Grèce, elle est demandée jusqu'aux États-Unis où elle a fait l'hiver dernier un concert à Carnegie Hall. Elle était en tournée américaine en septembre et octobre derniers aux côtés d'Alkistis Protopsalti (« Two voices - Two souls of Greece » aux États-Unis et au Canada).

           

    Eleftheria Arvanitaki was born in Piraeus, the harbour of Athens, the place of departures to the islands, like Ikaria. The singer has special links with this island, because a part of her family (her mother and brother) live there, in Oxia and in Maganitis.

    Early in the show, she recalled that she hadn't done any concert on the island for 14 years, because of that, she spoke about her stage fright (“to trak”) before singing (no routine for freedom). I imagine that instead of having the jitters, we prefer not to come. But this is not the point : Eleftheria Arvanitaki is a star in Greece, she is wanted even in the United States where she made, last winter, a concert at Carnegie Hall. Since September, she had a concert tour in America with Alkistis Protopsalti last september and october (“Two voices - Two souls of Greece” in United States and Canada).

               

     


    Το Άρωμα (Le parfum / The perfume)
    Lyrics : Nikos Moraïtis, music : Nikos Antipas

    Video : Cobalt

     

    Quasi inconnue en France, elle y a pourtant fait quelques concerts discrets, dernièrement à Orléans, mais également à la Cigale à Paris. En France, on la classe généralement dans les bacs à « musique du monde », on ne l'entend jamais sur les ondes.

         

    Virtually unknown in France, she has nevertheless made some discreet concerts there, recently in Orleans, but also at the “Cigale” in Paris. She is generally classified in the disk trays as “world music”, we never hear her on the french radio.

             

     

     
    Un concert, about 2000 A.C : Το Κόκκινο Φουστάνι
    To Kokkino Foustani (The red dress) -suite ici (following here)
    Lyrics : Kostas Kindynis, music : Stavros Kougioumtzis
    Video : djrigogr

     

    Le concert (9 +1 Ιστορίες) s'est déroulé à Aghios Dimitrios, près du village de Christos à Ikaria, dans un stade qui avait été prêté gratuitement par la commune. À propos de crise – puisqu'il est bien question de crise quand on offre un espace gratuit qui sera nettoyé gratuitement, éclairé gratuitement, etc. – c'est le seul concert de l'été auquel j'ai pu assisté, tous les autres que j'ai voulu voir ayant été annulés.         The concert (9+1 Ιστορίες) took place in Aghios Dimitrios, close to the village of Christos in Ikaria, in a stadium that had been lent for free by the municipality. About crisis - since it is a question of crisis when we offer a free space that will be cleaned for free, enlightened free, etc. - This is the only concert of the summer that I could see, all the others that I wanted to see having been canceled.
               


    Une chanson de son dernier album (from her last album) :
    Μη Με Φωνάξεις (Don't call me)

    Lyrics: Lida Roumani, music : Themis Karamouratidis
    Video : MLK 

     

    Après de douces paroles adressées aux Icariotes et aux nombreux vacanciers athéniens, elle a consacré la première partie du concert aux chansons de son dernier album qu'elle alternait parfois avec des plus anciennes. Les concerts en Grèce se passent toujours avec la participation intense du public, mais l'album étant tout récent, le public ne connaissait pas (encore) les paroles, il écoutait sagement, timidement, suspendu. Ce dernier album est assez commercial, même un peu trop d'ailleurs, et je préfère ses nombreuses chansons poétiques (sur des textes d'Elytis, Sappho, Karyotakis, Polydouri, Ganas), ou celles qui respirent les parfums de l'Orient. C'est justement lorsqu'elle a repris ses chansons plus anciennes que le public s'est mis à chanter et peu à peu, l'enthousiasme grandissant au fil des chansons (de Kokkino foustani à Ta kormia kai ta machairia), on s'est levé. On s'est levé et on a dansé lorsqu'elle a invité sur scène un violoniste du pays, Yannis Roussos, « να πανηγυρίσουμε », « pour célébrer », dit-elle, pour accompagner les chants icariotes et ceux du groupe Opisthodromiki Kompania (l'icariote Yannis Emmanouilidis écrivait les paroles) avec qui elle a débuté sa carrière : une ronde qui prend la forme d'une spirale, danse icariote traditionnelle très vive que l'on exécute le plus souvent au moment du 15 août (Panighyri) à Lagada. Le feu a ainsi embrasé le stade et crépité jusqu'à très tard, plus tard que d'habitude.

         

    After gentle words addressed to Icariots and many Athenian holiday-makers, she spent the first part of the concert with songs from her latest album in turns with some oldest songs. Concerts in Greece always happen with the intense participation of the public, but the album is very recent, the public didn't know (yet) the lyrics, listening quietly, shyly, being still hanging on. This last album is commercial, even a bit too much, and I prefer her numerous poetic songs (on Elytis', Sappho's, Karyotakis', Polydouri's, Ganas' poems) or those who breathe the oriental perfumes. It is precisely when she sang her older songs that the audience started to sing, and gradually with the growing excitement over the songs, we got up (from Kokkino foustani, to Ta kormia kai ta machairia). We got up and danced when she invited onstage a violinist of the country, Yannis Roussos, « να πανηγυρίσουμε », 'to celebrate', she said and to support icariotes chants and songs of Opisthodromiki Kompania group (Yannis Emmanouilidis who wrote the songs was icariot) with whom she began her career : a dance round which grows in a spiral shape, a very lively traditional dance of Ikaria that is performed the most often at August 15th (Panighyri) in Lagada. The fire has engulfed the stadium and crackled until very late, later than usual.

             

     


    Ικαριά μου - Ikaria mou (My Ikaria) in Ikaria, 13th of August 2015.
    Violon : Yannis Roussos
    Lyrics & music : Yannis Emmanouilidis

    Video : Achil Eas

     

    Dans les concerts d'Arvanitaki il y a souvent un enchaînement trop rapide des tubes, et là, il m'a semblé que c'était moins brutal, elle se posait davantage pour parler à la foule. Elle était émue et semblait ne pas oser briser la glace, mais son émotion filtrait malgré elle. Elle a encouragé les Grecs à résister encore face à leur sombre avenir et à continuer de vivre avec passion.

    C'est le plus beau concert que j'ai vu d'elle, avec celui du Pallas d'Athènes en février 2011.

    Les qualités de cette musicienne tiennent non seulement à sa voix au timbre délicat à la fois sensuel et léger, son expressivité tendre et profonde, sa douceur, sa finesse, mais également à sa démarche professionnelle ouverte, plurielle. Elle a travaillé notamment avec de grands artistes tels que les espagnols Javier Limón et Buika, avec les lusophones Cesaria Evora et Dulce Pontes, avec le compositeur Philip Glass. Elle va sur tous les terrains musicaux du traditionnel au jazz, en passant par la variété (voire malheureusement aussi par la variétoche).

         

    In Arvanitaki's concerts there is often too fast sequences of the tubes, and this time, I felt that it was less brutal, she settled down a little more to talk to the crowd. She was moved and seemed not to dare to break the ice, but her emotions leaked despite herself. She encouraged the Greeks to still resist in front of their dark future, to go on living with passion.

    Indeed, this is the best concert I've seen of her, with the one that took place in the Pallas of Athens in February 2011.

    The qualities of this musician are not only due to her voice, her delicate timbre both sensual and light, her tender and deep expressiveness, her softness, fineness, but also to her professional approach to the music, open minded, plural. She worked with different great artists such as the spanish Javier Limón and Buika, with the Portuguese-speaking Cesaria Evora and Dulce Pontes, with the composer Philip Glass. She goes on all musical fields from traditional to jazz, through the pop (and unfortunately also the less good one).

                                            

     

     
    Erotiko (about 2000)
    Lyrics : Napoleon Lapathiotis, music : Nikos Xydakis

    Video : bussrap

     

    Eleftheria Arvanitaki laisse souvent une très large place à l'expression de ses musiciens solistes – excellents –, elle n'envahit pas, elle n'est pas – si j'ose dire – aspirée par la force centripète de son nombril, elle partage : avec le public, avec ses musiciens. Ainsi, mon saxophoniste préféré Dimitris Tsakas a pu, à plusieurs reprises, emplir librement l'air chaud et velouté ikariote de ses arabesques duvetées, emportant l'enthousiasme de la foule. Le batteur, Alexandros-Drakos Ktistakis nous a donné aussi quelques joies, et c'était à la limite de détrôner mon Michalis Kapilidis préféré. Quant à l'oudiste et bouzoukiste Nikos Mermigkas, il nous a offert de vivantes, revigorantes et virevoltantes vibrations.

    Elle nous a également présenté la jolie voix du jeune chanteur Panos Zois (mais je n'aime pas beaucoup son style musical, dommage pour moi).

    Eleftheria a fait le dernier rappel avec La complainte d'Elytis, To parapono : « Δεύτερη ζωή δεν έχει - on ne vit qu'une fois».
    Et au fond de la boîte était restée l'Espérance.

         

    Eleftheria Arvanitaki often lets a very large space for the expression of her soloists - excellent ones - she doesn't invade, she is not – if I could say – vacuumed up by the centripetal force of her navel, she shares : with the audience, with her musicians. So my favorite saxophonist Dimitris Tsakas was able, on several occasions, to fill freely the hot and velvety ikariote air with his downy arabesques, carrying the enthusiasm of the crowd. The drummer, Alexandros-Drakos Ktistakis, also gave us pleasures, enough to nearly dethrone my favorite Michalis Kapilidis. As for Nikos Mermigkas, the oudist and bouzoukist, he offered us lively, lovely, invigorating and shivering vibrations.

    She also introduced us to the beautiful voice of the young singer Panos Zois (but I do not really like his music style, it's a pity for me).

    Eleftheria did the last encores with The complain of Elytis, To parapono : « Δεύτερη ζωή δεν έχει - You only live once ».
    And in the bottom of the box remained Hope.

             

     

     
    Η Συμπεθέρα (La proche belle-mère, traditionnal song)
    in Ikaria, 13th of August 2015.

    Video : Menelas74

     

     

     ... et pour la fin, une courte video où elle chante a cappella (un concert il y a quelques années):

     


    Μαντινάδα (Mantinada)
    Video : Dimitris Pitris

     

    Liens / Links

    Site d'Eleftheria Arvanitaki

    Une video de son concert à Carnegie Hall aux côtés d'Ara Dinkjian
    Une video de son concert au Town Hall de New York avec Alkistis

    Informations sur la tournée américaine : Two voices - Two souls of Greece
      http://thetownhall.org/event/679-two-voices-two-souls
      http://www.toronto.com/events/alkistis-protopsalti-eleftheria-arvanitaki/

     

    Eleftheria Arvanitaki sur ce blog / on this blog :

    * Arvanitaki, concert à Chalkida, 2009
    * Arvanitaki : Ma pomme, ma mandarine
    * Les chanteuses grecques (3)
    * Les sirènes existent (1)
    * Arvanitaki invite les vents ibériques en Grèce
    * Manolis Rasoulis : Ah Grèce je t'aime !
    * T.Papaconstantinou : Aeriko * Αερικό
    * Ismaël Lo - Eleftheria Arvanitaki
    * Maria Polydouri : Je ne chanterais pas
    * Odysseas Elytis : Το παράπoνο * la complainte
    * Odysseas Elytis : L'été a tout emporté
    * Sappho : Ode à Aphrodite
    * Sappho : L'heure a si vite passé
    * Sappho : Adonis
    * Constantin Cavafis : Gris * Γκρίζα
    * Yorti (fête en grec)
    * Lara Fabian chez les Grecs
    * Festivals : 1- La River's Party de Nestorio
    * Eleftheria Arvanitaki à Paros
    * Castoria (Amarantos)
    * Hydra * Ύδρα
    * Tango... tango grec
    * Larmes d'Arménie, de Grèce : E. Arvanitaki chante Ara Dinkjian
    * Vassilis Tsitsanis a 100 ans
    M. Hadjidakis : Μη τον ρωτάς τον ουρανό * All alone am I
    * Des coquillages pour le réveillon (fotia kai chioni)
    * Michalis Ganas : Mon âme souffle * Φύσα ψυχή μου
    * M. Ganas : Les corps c'est comme les couteaux * Τα κορμιά...
    * M. Ganas : Le loup du desir * Του πόθου τ' αγρίμι

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 13 Novembre 2015 à 16:08

    Un vrai régal d'écouter musique et voix. Cette chanteuse me fait frissonner d'émotion et me conduit vers des lieux imaginaires des paysages grecs.

    Merci dornac, vos choix sont extraordinaires de beauté , de qualité, le tout pour profiter  de moments exceptionnels.

    Veuillez continuer de puiser dans les sources grecques intarissables et si rafraîchissante.

    Μια χαρα

    2
    Vendredi 13 Novembre 2015 à 19:12

    Merci beaucoup pour ce commentaire enthousiaste !

    3
    Lundi 16 Novembre 2015 à 21:35

    Quand j'ai écrit et publié cet article avec un titre en grec qui laisse rêveur ("Eleftheria stin Ikaria" signifie mot-à-mot "La liberté à Icarie", Icarie ou Icaria est l'île où tomba Icare après s'être rapproché trop près du soleil), j'étais loin d'imaginer que le prénom d'Eleftheria Arvanitaki aurait autant de valeur, comme celui d'Icare, 12h plus tard.

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