• Sappho : Ode à Aphrodite

    Pistoxenas-Aphrodite-chevauchant-son-cygne.JPG

     

      Le texte de Sappho (environ 640 avant J-C.), présenté ici en grec ancien (avec une traduction française) est le plus complet des textes de Sappho retrouvés.

                                                                                

    Ode à Aphrodite 

    Toi dont le trône est d'arc-en-ciel,
    immortelle Aphrodita,
    fille de Zeus, tisseuse de ruses,
    je te supplie de ne point dompter mon âme,
    ô Vénérable, par les angoisses et les détresses.

    Mais viens, si jamais, et plus d'une fois,
    entendant ma voix, tu l'as écoutée, et,
    quittant la maison de ton père, tu es venue,
    ayant attelé ton char d'or.

    Et c'était de beaux passereaux rapides
    qui te conduisaient.
    Autour de la terre sombre
    ils battaient des ailes,
    descendus du ciel à travers l'éther.

    Ils arrivèrent aussitôt, et toi,
    ô Bienheureuse, ayant souri de ton visage immortel,
    tu me demandas ce qui m'était advenu,
    et quelle faveur j'implorais,
    et ce que je désirais le plus dans mon âme insensée.

    « Quelle Persuasion veux-tu donc attirer vers ton amour ? Qui te traite injustement, Psappha ?
    Car celle qui te fuit promptement
    te poursuivra, celle qui refuse tes présents
    t'en offrira, celle qui ne t'aime pas
    t'aimera promptement et même malgré elle. »

    Viens vers moi encore maintenant, et délivre-moi des cruels soucis, et tout ce que mon coeur veut accomplir, accomplis-le, et sois Toi-Même mon alliée.

                                                                                                      
      Traduction française du grec ancien par Renée Vivien, éditions ErosOnyx, 2009.
     

    Renée Vivien s'en est inspirée pour son Ode à l'Aphrodita (1903).

    Texte original de Sappho :

     

     

    (εἰς Ἀφροδίτην)

    Ποικιλόθρον᾽ ἀθανάτ᾽ Ἀφρόδιτα,
    παῖ Δίος δολόπλοκε, λίσσομαί σε,
    μή μ᾽ ἄσαισι μηδ᾽ ὀνίαισι δάμνα,
    πότνια θῦμον·

    5

    ἀλλὰ τύιδ᾽ ἔλθ᾽, αἴ ποτα κἀτέρωτα
    τὰς ἔμας αὔδας ἀίοισα πήλοι
    ἔκλυες, πάτρος δὲ δόμον λίποισα
    χρύσιον ἦλθες
    ἄρμ᾽ ὐπασδεύξαισα· κάλοι δέ σ᾽ ἆγον

    10

    ὤκεες στροῦθοι περὶ γᾶς μελαίνας
    πύκνα δίννεντες πτέρ᾽ ἀπ᾽ ὠράνω αἴθε-
    ρος διὰ μέσσω.
    αἶψα δ᾽ ἐξίκοντο, σύ δ᾽, ὦ μάκαιρα,
    μειδιαίσαισ᾽ ἀθανάτωι προσώπωι

    15

    ἤρε᾽, ὄττι δηὖτε πέπονθα κὤττι
    δηὖτε κάλημμι
    κὤττι μοι μάλιστα θέλω γένεσθαι
    μαινόλαι θύμωι. «τίνα δηὖτε Πείθω
    μαῖσ᾽ ἄγην ἐς σὰν φιλότατα, τίς σ᾽, ὦ

    20

    Ψάπφ᾽, ἀδίκησι;
    καὶ γὰρ αἰ φεύγει, ταχέως διώξει, αἰ δὲ δῶρα μὴ δέκετ᾽,
    ἀλλὰ δώσει, αἰ δὲ μὴ φίλει, ταχέως φιλήσει

    κωὐκ ἐθέλοισα.»

    25

    ἔλθε μοι καὶ νῦν, χαλέπαν δὲ λῦσον
    ἐκ μερίμναν, ὄσσα δέ μοι τέλεσσαι
    θῦμος ἰμέρρει, τέλεσον, σὺ δ᾽ αὔτα
    σύμμαχος ἔσσο. 

     

     
                                                                              
      Texte en ligne de Sappho en grec ancien
    (Saffo Tuttle Le Poesie- Testo)
     

     

    Odysseas Elytis a traduit et adapté ce poème (pas de traduction française disponible à ma connaissance). On y retrouve l'essence de la poésie de Sappho:

                                    

    Αθάνατη Αφροδίτη

    Αθάνατη Αφροδίτη του Διός κόρη,
    όλο παγίδες στήνεις της αγάπης.
    Δέσποινα παρακαλώ,
    μη να χαρείς, μη ρίχνεις άλλο βάρος
    από καημούς και πίκρες στην ψυχή μου.

    Δέσποινα παρακαλώ,
    μη να χαρείς.

    Τι να 'ναι πάλι τι
    εκείνο που ποθεί η τρελή καρδιά μου.
    Ποια να 'ναι πάλι αυτή
    που την Πειθώ ικετεύεις να σου φέρει πίσω.
    Ποια να πονέσεις σ' έκανε Σαπφώ ;
    Ποια να 'ναι πάλι αυτή
    που την Πειθώ ικετεύεις να σου φέρει πίσω.

    Έλα λοιπόν ακόμα μια φορά
    να με λυτρώσεις απ' τα βάσανά μου.

                                                               
                                                                     
                                        Αθάνατη Αφροδίτη, Σαπφώ σε απόδοση του Οδυσσέα Ελύτη.
    Immortelle Aphrodite, texte en grec moderne traduit et adapté par Odysseas Elytis.
     

     

    Εleftheria Arvanitaki (Ελευθερία Αρβανιτάκη), chante Odysseas Elytis sur une musique de Nikos Xydakis (Νίκος Ξυδάκης):

     

    Video: giorgosepa

     

    venus-de-willendorf.jpg
    La Venus de Willendorf

    (vers vers 24 000–22 000 av JC -paléolithique supérieur)
    musée d'histoire naturelle de Vienne.

    Image en tête d'article de Pistoxénos (peintre grec, vers 460 av. J.-C) :  Aphrodite  chevauchant un cygne, tondo d'un kylix attique à figures rouges et fond blanc, British Museum.

    Liens / Links

     
    Eleftheria Arvanitaki et Odysseas Elytis sur ce blog :
     
     
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  • Commentaires

    1
    Samedi 15 Janvier 2011 à 17:42
    Dornac

    Puisque les Dieux ne répondent pas au courrier qu'on leur envoie, j'ai été consulter pour Sappho la Pythie, qui durant sa transe, a laissé la voix d'Aphrodite traverser son petit corps décharné. Elle a chanté comme suit :

    APHRODITE REPOND A SAPPHO (sur le modèle de la tirade de Toinette dans Le Malade imaginairede Molière)...
    Je suis Beauté passagère, qui vais de vils en viles, de faux princes en vieilles pinces, de rois gnomes en rois gnomes, pour chercher d'illustres nœuds mous à décoincer, pour trouver des mâles apathiques à réveiller, capables d'exercer le grand et beau génie du lit qui incombe à ma divinité. Je dédaigne de m'amuser à ce menu fatras d'amours ordinaires, à ces bagatelles de romantisme et de génuflexions, à ces fièvres hautes, à ces vapeurs, et à ces mi-haines.
    Je veux des amours de porc rance : de bonnes lèvres rentrées avec des odeurs de caveau, de bonnes lèvres gercées, de bonnes pestes, de bonnes hypocrisies, de bonnes pleureuses avec des inflammations de poitrine : c'est là que je me plais, c'est là que je triomphe ; et je voudrais, Sappho, que vous eussiez tous les supplices que je viens de dire, que vous fussiez abandonnée de tous, désespérée, à l'agonie, pour vous montrer l'excellence de ma présence et l'envie que j'aurais de vous faire jouir.
    Mais si vous restez toujours aussi belle, douce, intelligente, et heureuse, vous n'avez pas besoin de moi, Sappho.

    2
    morback
    Jeudi 18 Avril 2013 à 09:44
    morback

    Communiste !

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