La poétesse grecque Kiki Dimoula (née en 1931) a reçu cette année à Strasbourg le Prix européen de la littérature 2009. Je vous propose ici un poème traduit en Français, mis en musique par Kostas Parisis et chanté (en grec) par Manos Xydous. Jamais mot ne fut dit sur toi dans mes désirs. Mes rêves ne t'ont jamais prédit. Mes pressentiments jamais rencontré. Ni mon imagination. Et pourtant à un moment non identifié je t'identifie en moi tel un sentiment déjà prêt. Για σένα στις επιθυμίες μου λόγος δεν γίνεται ποτέ. Δεν σε προέβλεψαν ποτέ τα όνειρά μου Οι προαισθήσεις μου ποτέ δεν σε συνάντησαν....
Liens Excursion La mer de Scaramanga est amarrée, épaisse. Des pétroliers sort une noire fumée d'immobilité. Admettons que tu existes. Le parcours se détend pendu au regard. Un nuage sale tache les routes d'en haut, l'âme pure en bas est à nouveau remise. Admettons que tu existes. Le cheval restera attaché à l'arbre. Ces nœuds en nombre dans ma tête, ces liens en nombre. Admettons que tu existes. Dans le rétroviseur un puits asséché se regarde. La terre çà et là fraîchement creusée. Le même soin pour les morts et les semences. La terre frissonne. Admettons que tu existes. À Mycènes exclamations...
Haut les mains À la chaleur qui te rend fou s'ajoute l'asphyxie de ta propre saison. Tu montes la garde – quels territoires ? Le devoir inconnu te tape sur le crâne. Une brise perdue te frôle comme une balle. Sans doute une rescapée de la bataille féroce entre souhait et accomplissement. Tu l'arrêtes enquêtes interroges feuille de route – en express. La respiration s'est allégée un peu tu abandonnes la garde – quels territoires ? Et lâches tes petites histoires - attention, tu trahis le secret tu vends la patrie pour un ça ne rapporte rien. Tiens bon. Lève bien haut les promesses. Ne marchande...
Αεράμυνα Καλού κακού φοράει πάντα τις παντόφλες της η απόλυτη ησυχία εντός μου. Κάτω από μένα κατοικούνε πόθοι. Βέβαια δηλώνουν κουφοί. Τυφλές δηλώνουν και οι πλάνες αλλά σε μυρίζονται σε βλέπουν πίσω απο τα μαύρα τους γυαλιά σε απογυμνώνουν που τις πίστεψες. Δεν τις πίστεψες. Τυφλά σε συγκινούν αυτοί οι οργανοπαικτες καθισμένοι σε κάποιο σκιερό προσοδοφόρο πέρασμά σου να γρατζουνίζουν τα παμπάλαια σουξέ τους, τυφλά σε συγκινούν ποτέ δεν πέφτει η μόδα του ευάλωτου. Γι'αυτό καλού κακού ας φορούν ας φορούν τις ωτασπίδες τους οι ευσυγκίνητες κινήσεις μου. Πάντως να προτιμάτε τους νεκρούς. Να προτιμάτε...
Passe-partout J'ouvre les fenêtres de la photo pour l'aérer. Elle est restée fermée longtemps comme tant de vieilles saisons de campagne. Tu es au balcon. Dans ta vieille pose avantageuse ; debout ; portant l'uniforme terrestre ajusté, coloré des surfaces ; pour toit de tuiles le gros blouson gonflé du pin, rapiécé de morceaux de mer aux endroits où se déchirent les branches en jouant avec les grands vents. Les jardins marée montante atteignent les poteaux télégraphiques et aux fils sont pendus des citrons lampions de fête encore verts. Comme un drapeau tu descends le soleil. Tu lèves la tente...
Ars gratiae artis Je ne sais où te chercher. Dans les ébauches de mes vers ou le bruyant rassemblement de mes instincts ? Dans les exhortations de l'après-midi les suggestions de mars notre rencontre fortuite d'hier – dans mes clameurs d'hier – ou en quelque amertume de demain que tu gardes secrète ? Ars gratiae artis Δὲν ξέρω ποῦ νὰ σὲ ἀναζητήσω. Στὶς προετοιμασίες τῶν στίχων μου ἢ στὴ θορυβώδη τῶν ἐνστίκτων μου συναγωγή ; Στὶς παραινέσεις τοῦ ἀπογεύματος στὶς ὑποδείξεις τοῦ Μαρτίου στὴ χθεσινή μας σύμπτωση – στις χθεσινές μου ιαχές – ἢ σε κάποια αὐριανή μου πίκρα ποὺ ὑπὸ ἐχεμύθεια τὴν κρατᾶς...
Autoconservation Ce devait être le printemps, car cette mémoire arrive enjambant les coquelicots. À moins que la nostalgie dans sa hâte n'ait méconnu le souvenir. Tout se ressemble tant lorsque la perte s'en empare. Mais le souvenir peut être exact le fond étranger et les coquelicots empruntés à une autre histoire, mienne ou étrangère. La réminiscence en est bien capable par amour du beau et arrogance. Mais ce devait bien être le printemps car je vois des abeilles voler autour de cette mémoire, affectueuses et fidèles se presser sur son calice. À moins que ce ne soit l'orgasme loi du passé, mécanisme...
Dialogue entre moi et moi Je t'ai dit : – j'ai plié. Et tu as dit : – Ne sois pas triste. Déchante tranquillement. Calmement accepte de regarder l'horloge arrêtée. Désespère raisonnablement : tu n'as pas oublié de la remonter le temps pour toi ainsi s'écoule. Et si par hasard une aiguille soudain bouge ne te risque pas à la joie. Ce mouvement ne sera pas du temps. Ce seront de faux serments d'espoir. Descends sérieuse, Détrône-toi sereine de tes mille fenêtres. Tu les as ouvertes sur un peut-être et contente oublie-toi. Ce que tu avais à dire des automnes mélancoliques, des mémoires, gouttières...