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σύγχρονη ελληνική ποίηση

Yannis Ritsos : Symphonie du Printemps (I) *Εαρινή συμφωνία

dornac
Yannis Ritsos : Symphonie du Printemps (I) *Εαρινή συμφωνία
Yannis Ritsos : Symphonie du Printemps (I) *Εαρινή συμφωνία

Le recueil de poème de Yannis Ritsos vient de paraître en édition bilingue chez Bruno Doucey, traduit en français par Anne Personnaz. C'est un délice, en voici un extrait : Symphonie du Printemps (I) Je quitterai le blanc sommet enneigé qui réchauffait d'un sourire nu mon infini isolement. Je secouerai de mes épaules la cendre dorée des astres comme les moineaux secouent la neige de leurs ailes. Ainsi un homme, simple et intègre ainsi tout joyeux et innocent je passerai sous les acacias en fleurs de tes caresses et j'irai becqueter la vitre rayonnante du printemps. Je serai l'enfant doux qui sourit...

Yannis Ritsos : Le secret du clown

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Le secret du clown Sur les collines, les chapelles vides. En bas, dans le pré, les bœufs, les chevaux, les vignes. Le ciel immobile au milieu des nuages qui changent. Une tache noire, immobile sur le mur, - plus noire dans le miroir. Lui, la gratte avec ses ongles – ses ongles sont mangés. Alors il prend de la peinture et peint le mur en or. Comme par erreur, il se donne un coup de pinceau sur le nez, sur les joues. Tout doré maintenant, il se regarde dans le miroir. Il rit – ses yeux se ferment- ce clown perpétuel (comme nous l'appelons) de la mort, qui cache dans sa poche trois grands clous rouillés....

Yannis Ritsos : Notre pays * ο τόπος μας

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NOTRE PAYS Nous sommes allés sur la colline pour voir notre pays- quelques pauvres terrains, des pierres, des oliviers. Des vignes qui descendent le long de la mer. Près de la charrue, fume un petit feu. Les habits du grand-père, nous en avons fait un épouvantail pour les corneilles Nos journées s'en vont leur chemin pour un peu de pain et beaucoup de lumière. Sous les peupliers brille un chapeau de paille. L'oiseau sur la clôture. La vache dans le jaune. Comment se fait-il que d'une main de pierre nous ayons pu aménager nos maisons, notre vie ? Sur les chambranles de nos portes, il y a encore...

Yannis Ritsos: Le cirque fermé

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Le premier mois, ils interdirent la circulation et les spectacles. Aucun bateau ne parut. Le cirque fermé, bien sûr, en souffrait plus que nous tous. Un jour, les deux petits clowns sortirent, dans des habits encore plus larges, tout en losanges, en losanges multicolores, avec leur nez enfariné et des larmes maquillées; ils donnaient leur spectacle en pleine rue, et ramassaient la monnaie dans le tambourin; pourtant personne ne riait. C'est alors qu'eux pleuraient vraiment, et ils effaçaient leurs larmes maquillées, en se barbouillant le visage. Un soir, ils furent arrêtés et, les mains liées,...

Yannis Ritsos : Peuple * Λαός

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Emprisonné par la Junte militaire grecque, Yannis Ritsos écrit des poèmes clandestinement qu'il dissimule sur tous supports pour les conserver. Dans la note liminaire à l'édition Kedros des Dix-huit petites chansons de la patrie amère, il raconte : « Seize des Dix-huit petites chansons de la patrie amère ont été écrites en un seul jour – le 16 septembre 1968 – à Partheni, dans l'île de Léros, à la suite d'une lettre que Mikis Theodorakis m'avait fait parvenir secrètement et où il me priait de lui donner un texte inédit pour le mettre en musique. J'ai de nouveau travaillé à ces petites chansons...

Constantin Cavafis : Une nuit * Μια Νύχτα

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Constantin Cavafis : Une nuit * Μια Νύχτα
Constantin Cavafis : Une nuit * Μια Νύχτα

Constantin Cavafis ( Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης, 1863-1933) est l'un des poètes les plus importants du XXe siècle en Grèce. Μια Νύχτα Η κάμαρα ήταν πτωχική και πρόστυχη, κρυμένη επάνω από την ύποπτη ταβέρνα. Aπ’ το παράθυρο φαίνονταν το σοκάκι, το ακάθαρτο και το στενό. Aπό κάτω ήρχονταν η φωνές κάτι εργατών που έπαιζαν χαρτιά και που γλεντούσαν. Κ’ εκεί στο λαϊκό, το ταπεινό κρεββάτι είχα το σώμα του έρωτος, είχα τα χείλη τα ηδονικά και ρόδινα της μέθης — τα ρόδινα μιας τέτοιας μέθης, που και τώρα που γράφω, έπειτ’ από τόσα χρόνια!, μες στο μονήρες σπίτι μου, μεθώ ξανά. Une nuit La chambre était...

Constantin Cavafis : J’ai tant contemplé * Ετσι πολύ ατένισα

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Constantin Cavafis : J’ai tant contemplé * Ετσι πολύ ατένισα
Constantin Cavafis : J’ai tant contemplé * Ετσι πολύ ατένισα

J’ai tant contemplé J’ai tant contemplé la beauté que ma vue en est remplie. Lignes du corps. Lèvres empourprées. Membres voluptueux. Des cheveux pareils à ceux des statues grecques ; toujours beaux, même quand ils sont dépeignés, et qu’ils retombent à peine, sur la blancheur des fronts. Visages de l’amour, comme les voulait ma poésie… dans les nuits de ma jeunesse, dans mes nuits, secrètement rencontrés… Ετσι πολύ ατένισα Την εμορφιά έτσι πολύ ατένισα, που πλήρης είναι αυτής η όρασίς μου. Γραμμές του σώματος. Κόκκινα χείλη. Μέλη ηδονικά. Μαλλιά σαν από αγάλματα ελληνικά παρμένα· πάντα έμορφα,...

Constantin Cavafis : À la volupté * Ηδονή

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À la volupté Délices et baume de ma vie ce souvenir des heures où j’ai pu trouver et garder la volupté comme je la voulais. Délices et baume de ma vie, à moi qui n’ai jamais supporté le plaisir des amours routinières. Ηδονή Χαρά και μύρο της ζωής μου η μνήμη των ωρών που ηύρα και που κράτηξα την ηδονή ως την ήθελα. Χαρά και μύρο της ζωής μου εμένα, που αποστράφηκα την κάθε απόλαυσιν ερώτων της ρουτίνας. Traduction de Dominique Grandmont, En attendant les barbares et autres poèmes, Gallimard. Κωνσταντίνος Π. Καβάφης,1917 To sensual pleasure Joy and balm of my life : the memory of the hours when...

Constantin Cavafis : je suis parti * Επήγα

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Constantin Cavafis : je suis parti * Επήγα
Constantin Cavafis : je suis parti * Επήγα

Ce poème de Constantin Cavafis a été écrit en 1913. Επήγα Δεν εδεσμεύθηκα. Τελείως αφέθηκα κ’ επήγα. Στες απολαύσεις, που μισό πραγματικές, μισό γυρνάμενες μες στο μυαλό μου ήσαν, επήγα μες στην φωτισμένη νύχτα. Κ’ ήπια από δυνατά κρασιά, καθώς που πίνουν οι ανδρείοι της ηδονής. Je suis parti Je n’ai pas voulu m’attacher. J’ai tout donné de moi, puis je suis parti. Vers des jouissances qui se sont avérées à demi réelles, en même temps que folles chimères de mon cerveau, Je suis parti dans la nuit illuminée. Et j’ai bu des vins âpres, comme savent En boire les hommes de plaisir. Από τα Ποιήματα...

Constantin Cavafis : Voix

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Constantin Cavafis (Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης : 1863-1933) a écrit ce poème en 1904. Voix Voix sublimes et bien-aimées de ceux qui sont morts, ou de ceux qui sont perdus pour nous comme s’ils étaient morts. Parfois, elles nous parlent en rêve ; parfois, dans la pensée, le cerveau les entend. Et avec elles résonnent, pour un instant, les accents de la première poésie de notre vie – comme une musique qui s’éteint, au loin, dans la nuit. Φωνές Ιδανικές φωνές κι αγαπημένες εκείνων που πέθαναν, ή εκείνων που είναι για μας χαμένοι σαν τους πεθαμένους. Κάποτε μες στα όνειρά μας ομιλούνε· κάποτε μες...

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