Θάλασσα του Πρωιού Εδώ ας σταθώ. Κι ας δω κ’ εγώ την φύσι λίγο. Θάλασσας του πρωιού κι ανέφελου ουρανού λαμπρά μαβιά, και κίτρινη όχθη· όλα ωραία και μεγάλα φωτισμένα. Εδώ ας σταθώ. Κι ας γελασθώ πως βλέπω αυτά (τα είδ’ αλήθεια μια στιγμή σαν πρωτοστάθηκα)· κι όχι κ’ εδώ τες φαντασίες μου, τες αναμνήσεις μου, τα ινδάλματα της ηδονής. Mer matinale Ah, m’arrêter ici. À mon tour contempler un peu la nature. D’une mer matinale et d’un ciel sans nuage les bleus étincelants, et le sable jaune ; le tout sous une belle et vaste lumière. Oui, m’arrêter ici. Et me figurer que je vois cela (je l’ai vu, en...
Le poète grec Andreas Kalvos affirme avec force et romantisme la volonté de liberté pour le peuple grec : l e poème suivant est un fragment de l'Ode VI des Lyriques (publié à Paris en 1826). ᾨδὴ Ἕκτη. Αἱ Εὐχαί Τῆς θαλάσσης καλήτερα φουσκωμένα τὰ κύματα ῾νὰ πνίξουν τὴν πατρίδα μου ὡσὰν ἀπελπισμένην, ἔρημον βάρκαν. ῾Στὴν στεριάν, ῾ς τὰ νησία καλήτερα μίαν φλόγα ῾νὰ ἰδῶ παντοῦ χυμένην, τρώγουσαν πόλεις, δάση, λαοὺς καὶ ἐλπίδας. Καλήτερα, καλήτερα διασκορπισμένοι οἱ Ἕλληνες ῾νὰ τρέχωσι τὸν κόσμον, μὲ ἐξαπλωμένην χεῖρα ψωμοζητοῦντες Παρὰ προστάτας ῾νἄχωμεν. Μὲ ποτὲ δὲν ἐθάμβωσαν πλούτη ἢ μεγάλα ὀνόματα,...
Que ceux sur qui s'appesantit de la peur la main d'airain désormais soient, puisqu'ils le veulent, esclaves. Sans le courage et sans l'audace il n'y a plus de liberté. C'est d'elle (et la légende cache toujours sa part de vérité) qu'Icare a pris ses ailes. Et s'il tomba, dieu ailé, s'il eut pour finir la mer pour tombeau, C'est de plus haut qu'il est tombé et, devant mourir, mourut libre – tandis qu'à devenir victime funeste d'un tyran, crois-le, terrible est la tombe. Mais toi, Muse, tu la connais, la mer Icarienne – Patmos et, radieuse, Kalymnos qui nourrit sans fin ses abeilles de fleurs immoissonnées...
Esope, La Fontaine, Lucchini : Le chat et un vieux rat
NOUVEL AN , poil aux dents. Χρό νια Πολ λά Καλή Χρ ονι ά Dans la Lettre au Dauphin, La Fontaine donne un sens à la portée des fables et rend aussi hommage au père des fabulistes, le grec Esope qui a vécu au VIIe siècle avant J.C. et dont les récits repris par la plume de La Fontaine sont des bijoux de la langue française. En voici un premier, suivi du texte d'Esope en grec ancien traduit en français. Le chat et le vieux rat de Jean de La Fontaine dit par Fabrice Lucchini (précédé de la Lettre au Dauphin) : Video : fabcocorullo Le chat et un vieux rat J'ai lu chez un conteur de Fables, Qu'un second...
Le bal Par les portes ils entraient heureux superbes les uns portant l'épée d'autres le couteau des rêves chauds dans leurs mains glacées des rêves de fièvre et des fleurs dans les miroirs des violettes parurent de beaux visages et des gouttes d'argent sur le front sur les joues mains rouges et roses lourdes l'amour brûlant en haut des cheminées l'amour tombant au ruisseau goutte à goutte l'amour gémissant que piétinaient les pas l'un descendait tremblant des marches branlantes l'autre montait en hâte pour empêcher le sang de geler le cœur de se fendre jusqu'à demain quand les cercueils se feront...
Marie Marie songeuse enlevait ses bas De son corps s'échappaient des voix d'autres personnes d'un soldat parlant comme un oiseau d'un malade tué par des tourments de mouton et les pleurs de la nièce de Marie venue au monde ces jours-là Marie pleurait pleurait Marie bientôt riait le soir elle étendait les bras et restait jambes ouvertes Après ses yeux se faisaient sombres noirs très sombres vitreux La radio marchait Marie pleurait Marie pleurait la radio marchait Alors Marie ouvrant doucement les bras s'envolait tout autour de la chambre Ἡ Μαρία Ἡ Μαρία σκεφτικὴ ἔβγαζε τὶς κάλτσες της Ἀπὸ τὸ σῶμα...
La scène Sur la table on avait posé une tête en argile aux murs on avait mis des fleurs sur le lit taillés dans le papier deux corps prêts à l'amour sur le sol couraient des serpents des papillons un grand chien montait la garde dans un coin Des fils traversaient la chambre en tous sens il était imprudent de les tirer l'un de ces fils poussait les corps à l'amour Dehors le malheur battait les portes Ἡ σκηνή Ἀπάνω στὸ τραπέζι εἴχανε στήσει ἕνα κεφάλι ἀπὸ πηλὸ τοὺς τοίχους τοὺς εἶχαν στολίσει μὲ λουλούδια ἀπάνω στὸ κρεβάτι εἴχανε κόψει ἀπὸ χαρτὶ δυὸ σώματα ἐρωτικὰ στὸ πάτωμα τριγύριζαν φίδια καὶ...
Le lièvre fou Il s'en allait le lièvre fou il s'en allait passait les haies le lièvre fou tombait dans la boue l'aube luisait le lièvre fou la nuit s'ouvrait les cœurs saignaient le lièvre fou le monde luisait ses yeux s'embuaient le lièvre fou sa langue enflait et il pleurait insecte noir la mort dans la bouche Ὁ τρελὸς λαγός Γύριζε στοὺς δρόμους ὁ τρελὸς λαγὸς γύριζε στοὺς δρόμους ξέφευγε ἀπ᾿ τὰ σύρματα ὁ τρελὸς λαγὸς ἔπεφτε στὶς λάσπες Φέγγαν τὰ χαράματα ὁ τρελὸς λαγὸς ἄνοιγε ἡ νύχτα στάζαν αἷμα οἱ καρδιὲς ὁ τρελὸς λαγὸς ἔφεγγε ὁ κόσμος Βούρκωναν τὰ μάτια του ὁ τρελὸς λαγὸς πρήσκονταν ἡ γλώσσα...
Sappho : Je t'en supplie Goggyla * Kέλομαί σε Γογγύλα
La poétesse antique Sappho (VIIe siècle av. J-C ) a souvent été mise en musique par les artistes grecs contemporains. Manos Hadjidakis a composé ici une merveille sur ce poème d'amour pour Goggyla (ou Gongyla de Colophon). La mélodie et l'accompagnement sont construits comme ceux d'une musique antique. Il a fallu choisir parmi les meilleures et très nombreuses chanteuses grecques qui ont donné leur voix à ce morceau, vous en trouverez d'autres, bien sûr, toutes aussi belles. Tableau ci-dessus de Nikephoros Lytras : Nu (v.1867-1870). Νικηφόρος Λύτρας : Γυμνό. Flery Dadonaki ( Φλέρυ Νταντωνάκη) :...