Le texte de Sappho (environ 640 avant J-C.), présenté ici en grec ancien (avec une traduction française) est le plus complet des textes de Sappho retrouvés. Ode à Aphrodite Toi dont le trône est d'arc-en-ciel, immortelle Aphrodita, fille de Zeus, tisseuse de ruses, je te supplie de ne point dompter mon âme, ô Vénérable, par les angoisses et les détresses. Mais viens, si jamais, et plus d'une fois, entendant ma voix, tu l'as écoutée, et, quittant la maison de ton père, tu es venue, ayant attelé ton char d'or. Et c'était de beaux passereaux rapides qui te conduisaient. Autour de la terre sombre ils...
L'heure a si vite passé La lune a fui et les Pléiades Il est minuit l'heure passe et je suis couchée, seule Eros qui donne la douleur Eros qui tisse les mensonges Eros encore a ébranlé mon cœur comme un vent de montagne s'abattant sur les chênes. Γρήγορα η ώρα πέρασε Γρήγορα η ώρα πέρασε, μεσάνυχτα κοντεύουν, πάει το φεγγάρι, πάει και η Πούλια, βασιλέψανε και μόνο εγώ κείτομαι δω μονάχη κι έρημη. Ο Έρωτας που βάσανα μοιράζει, Ο Έρωτας που παραμύθια πλάθει μου άρπαξε την ψυχή μου και την τράνταξε ίδια καθώς αγέρας απ’ τα βουνά χυμάει μέσα στους δρυς φυσομανώντας. Traduit par Edith Mora Sappho, Histoire...
Cierges Les jours de l'avenir se dressent devant nous comme une file de petits cierges allumés - des petits cierges dorés, chauds et pleins de vie. Les jours passés restent en arrière, une triste rangée de cierges juste éteints ; les plus proches encore fumants, cierges froids, fondus et prostrés. Je ne veux pas les voir ; leur aspect m'afflige, comme il m'afflige de me rappeler leur éclat premier. Je regarde, vers l'avant, mes cierges allumés. Je ne veux pas me retourner pour constater avec horreur comme s'allonge vite l'obscure rangée, comme augmentent vite les cierges éteints. (1899) Kεριά Του...
C'est fini Dévorés de peur, assaillis de doutes, l'esprit tourmenté et les yeux pleins d'horreur, nous nous évertuons à chercher ce que nous pourrions faire pour écarter de nous le danger inéluctable dont l'imminence nous terrifie. Pourtant, nous nous trompons, ce n'est pas lui sur le chemin ; les renseignements étaient faux (ou nous les avons mal entendus, ou mal compris). Une autre catastrophe, que nous n'avions pas imaginée, fond subitement sur nous tel l'éclair et à l'improviste – trop tard, maintenant – nous emporte. Τελειωμένα Μέσα στον φόβο και στες υποψίες, με ταραγμένο νου και τρομαγμένα...
Murs Sans égards, sans pitié, sans scrupule, ils ont élevé de hautes murailles autour de moi. Et maintenant, je ne fais rien ici que me désespérer. D'un tel destin la pensée m'obsède et me ronge ; car j'avais beaucoup de choses à faire dehors. Pendant qu'on bâtissait les murs, ah, que n'ai-je pris garde. Mais jamais je n'ai entendu le bruit des maçons ni leur voix. C'est à mon insu qu'ils m'ont enfermé hors du monde. Τείχη Χωρίς περίσκεψιν, χωρίς λύπην, χωρίς αιδώ μεγάλα κ' υψηλά τριγύρω μου έκτισαν τείχη. Και κάθομαι και απελπίζομαι τώρα εδώ. Άλλο δεν σκέπτομαι: τον νουν μου τρώγει αυτή η τύχη·...
Reviens Reviens souvent me prendre, sensation bien-aimée, reviens me prendre - quand la mémoire du corps se réveille, et qu'un désir ancien tressaille dans le sang ; quand les lèvres et la peau se souviennent, et que les mains ont de nouveau l'impression de toucher. Reviens souvent me prendre, la nuit, à l'heure où les lèvres et la peau se souviennent... Επέστρεφε Επέστρεφε συχνά και παίρνε με, αγαπημένη αίσθησις επέστρεφε και παίρνε με - όταν ξυπνά του σώματος η μνήμη, κ' επιθυμία παληά ξαναπερνά στο αίμα· όταν τα χείλη και το δέρμα ενθυμούνται, κ' αισθάνονται τα χέρια σαν ν' αγγίζουν πάλι. Επέστρεφε...
Constantin Cavafis : L'épaule bandée * Ο Δεμένος Ώμος
L'épaule bandée D'après lui, il se serait cogné au mur ou serait tombé. Mais il devait y avoir une autre raison à son épaule meurtrie et bandée. Un geste plutôt brusque qu'il a fait pour descendre d'une étagère certaines photographies qu'il voulait voir de près a dénoué le pansement et du sang s'est mis à couler. J'ai rebandé l'épaule, et ce faisant, je me suis attardé quelque peu ; car il n'avait pas mal, et cela me plaisait de voir le sang. C'était l'objet de mon amour, ce sang. Quand il fut parti, je trouvai devant la chaise un lambeau de pansement ensanglanté, un lambeau bon à jeter directement...