Η γήρανση του πληθυσμού σε σχέση με τη συνταξιοδότηση Τι ανηφόρες που έχει η ζωή. Μετά κάτι σαν τέρμα η στάση και μετά κενό. Πολλοί θέλουν να πετάξουν, αλλά μένουν βιδωμένοι στη γη. Κάνουν διάφορα επαγγέλματα με ομοιόμορφες κινήσεις. Κάνουν παιδιά στα σπίτια. Πολλοί λίγοι – ελάχιστοι – παραμένουν παιδιά. Κρύβουν τα παιχνίδια τους στην ντουλάπα. Τα βραδιά τα δείχνουν στο δαίμονα που τους ακολουθεί. Γελά αυτός με αγαθότητα, αποκαλύπτοντας μια σειρά άσπρα δόντια. Καθώς περνούν τα χρόνια, σπέρνουν μουσικές στο χωράφι τους κρυφοκοιτώντας τη μαρκίζα του ουρανού, όπου ο Θεός δημιουργούσε κρεματους κήπους,...
Ασημένιες μοτοσυκλέτες τρέχουν στο φεγγάρι Πως είμαι πλάι στη θάλασσα φορώντας γυαλιά φορώντας δέρμα. καθημερινές καταστροφές της εγκεφαλικής μου ουσίας από μικροπράγματα. Κάτι μεσημέρι που με σκέφτεσαι να σου κρύβω το φώς. Το χέρι μου τραβάει την ηδον ή κλωστ ή από τ α σκέλια σου. Πέφτουν σοβάδες μαζί με λαϊκα τραγούδια όπως στα παλιά ποιήματα. Οι φίλοι σκόνη σε βιβλία – είναι κάτι αμμουδιές στη μνήμη με αυγά γεγονότα περασμένα – Φράζοντας τη μύτη καταδύομαι στη ζωή Des motos d'argent roulent sur la lune Comment puis-je me trouver près des vagues portant des lunettes — portant une peau ? Catastrophes...
Η λύπη του έρωτα Σ’ ακούω με όλους τους πόρους μου να τρέχεις σε ξένες πόλεις, με ρούχα χάρτινα κάνοντας ένα θόρυβο που προμηνύει μεγάλη θάλασσα. Επιστρέφω στο κλειστό κύκλωμα της ζωής μου. Στο κανάλι σιωπή. Ταριχευμένες κινήσεις: μια καρέκλα μετακινείται χωρίς λόγο, ένα κρεβάτι κυλάει στο δρόμο. Στον τοίχο προβάλλεται η ίδια μαγική εικόνα – δεν μπορώ να ξεχωρίσω τον κυνηγό – Κοιμάσαι με στόμα γεμάτο μυστικά και βροχές. La tristesse de l'amour Je t'écoute par tous mes pores courir des villes étrangères, en habits de papier avec un bruit qui annonce une mer immense. Je reviens au circuit fermé de...
in Dans le dialecte du désert (1997) Traduction de Michel Volkovitch Tableau en tête d'article : Yiannis Adamakis Liens Un blog : poèmes de Yannis Kondos ( bilingues grec/français, avec sa biographie). Site de Michel Volkovitch Yannis Kondos sur ce blog Les rubriques de ce blog visibles sur ordinateur ne le sont pas sur le téléphone mobile, les voici donc retranscrites ici: Explorer Auteurs grecs * Authors Andreas Calvos Constantin Cavafis Dimitra Christodoulou Kiki Dimoula Odysseas Elytis Andreas Embirikos Nikos Engonopoulos Esope et La Fontaine Ugo Foscolo Michalis Ganas Nikos Gatsos Nikos Houliaras...
L'Anatomiste « Le temps ne me fait pas peur » m'a dit le boucher coupant, hachant, accrochant. « Pas question de rester au ciel, c'est ici-bas que j'habiterai toujours. » Il me regardait, frottant ses mains sanglantes contre le blanc du tablier. « Ma maison est près de l'étang. Je pêche toute la nuit des anguilles et des lunes. » Son coup de couteau – droit comme le silence – vide le ventre de l'agneau. « À midi, quand il pleut, je peins le même paysage. » Il sépare le foie des viscères. Je lis aussi des poèmes. Une fois j'ai même lu Hölderlin. » Le cœur est tombé de l'étal. Il s'est penché, l'a...
Toutes les icônes le montrent, tu vas me tuer. C'est l'après-midi, mes écailles brillent. Je ne mange que l'herbe de la lune. Le sang m'est inconnu. Je réchauffe les œufs de la cité, les habitants font des cauchemars. C'est tout ce que je fais – le reste est mensonge. Quant à la jeune fille, quant aux eaux que je tiens prisonnières, vois: ceci est un jardin avec des pommiers nains et des fraises que je n'ai pas goûtées. À présent seuls et face à face. C'est vendredi, les porcelaines de nos visages sombrent dans la nuit soudain. Je vois ma pensée: une épine dans le ciel. Je vois encore ta noire...
Un poème de Yannis Kondos tiré du recueil D'un moine anonyme (1985). Αnna, l'amazone belliqueuse C'était midi après la bataille. Tous épuisés, nous ôtions casques et cuirasses. L'ennemi s'était replié derrière la colline. Le soleil brûlait : le fer, la peau, la solitude. Les blessés gémissaient, les chevaux crevaient. Les ambulances filaient à une vitesse folle, une croix rouge sur le capot. J'avais soif. Je pris la gourde, voulus boire, elle était pleine de sable. Je coupe de l'herbe et m'en rafraîchis les lèvres. Je défais mes croquenots (tout s'est mélangé, les temps, l'histoire, nos vies)....
Le sommeil tombe sur les enfants Chaleureuse la ville vient à nous. Nerveux, mal éclairés, plans rapprochés de ma vie. Je vois la cage d'escalier du jour, j'entends des cris, des ordres et les pas de mes concitoyens qui vont et viennent, travail, famille, boiterie. Une couleur de pomme pourrie couvre les rues. La ville est rouillée enfin, elle a perdu le tempo, elle prend du retard comme une vieille montre. Tout est ralenti, oublié, sur une musique rampante sombrement verte. Pierres et phonèmes produisent une couche isolante. Je dors dans l'arche sous ton bras et dehors la tempête fait rage. Je...
Yannis Kondos : L'athlète du néant * Ο αθλητής του τίποτα
L'athlète du néant Il court. Il court face au vent. Par monts, lacs et villes. Obstacle après obstacle. Incendies, guerres, plaintes, familles. De rares beautés quand il s'arrête pour boire de l'eau. Il les voit un instant, les attrape, oublie tout. Et de nouveau, poursuite, souffle coupé, fragments d'images, trains qui passent et joyeux voyageurs. Et lui, comme pourchassé qui affronte en même temps d'autres épreuves. Qui arrive dernier la mort dans l'âme, que personne ne voit, les spectateurs sont déjà loin. Sous la pluie, la neige, le soleil, le corps tient bon, la cervelle s'envole. Tantôt oublie...