• Bring them back * Les Anglais restent de marbre face au Parthenon

    marbres du BM

    Il y a 210 ans, Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople entre 1798 et 1803 (la Grèce était alors sous l'occupation de l'Empire ottoman), détacha les frises de marbre sculptées du Parthenon grâce à l'autorisation du sultan ottoman (1801). Durant le pillage, des pièces furent abîmées voire détruites.  Le prétexte initial de Lord Elgin était de faire profiter des Beaux-Arts à l'ambassade  anglaise, or, il les conserva dans sa collection personnelle. Lorsqu'il les vendit, c'était au moment où l'aristocrate était ruiné par ce vol (coût des transports et des travaux). Le British museum les lui acheta en 1816.

     

    Quelques anecdotes concernant les voyages des frises.

    Lord Elgin avait fait transporter les frises par un navire, le Mentor, qui coula en 1802 dans le port de Cythère (île située exactement en face de la pointe sud du Péloponnèse). 4 des 17 caisses contenant les frises furent récupérées par des pêcheurs d'éponge (dirlada dirla da da!) sur les ordres de W.R. Hamilton. Le reste fut récupéré les années suivantes. Notons que Lord Elgin fut emprisonné en France pour un pillage similaire.

     

    marbles2-copie-1.jpg

    Ces frises, comme le Parthenon, appartiennent aujourd'hui au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1987.

    Lord Byron, un britannique amoureux de la Grèce, dénonça le vol dans The curse of Minerva (1811). Il s'adresse à Lord Elgin en écrivant :

    'Scaped from the ravage of the Turk and Goth,
    Thy country sends a spoiler worse than both.

    traduit par :

    Nous avions échappé aux ravages du Turc et du Goth
    Ton pays nous envoie un barbare pire que ces deux-là réunis.

    Son graffiti - pardon, sa signature - gravé sur le temple de Poséidon au Cap Sounion est donc très apprécié (c'est d'ailleurs peut-être un faux).

     

    L'engagement de Mélina Mercouri

    Mélina Mercouri, une actrice légendaire des années 50 à 70, s'était engagée dans la bataille pour récupérer les frises au moment où elle était ministre de la Culture en Grèce (de 1981 à 1989 sous des gouvernements de gauche -PASOK). Elle avait eu droit au mépris teinté de machisme des politiciens britanniques, comme en témoigne la video suivante où l'on peut admirer "l'habileté politique" (ou le chantage, la manipulation sournoise, avec un air affecté et faussement affectif, où le bourreau veut se faire prendre pour la victime) de l'interlocuteur de Melina Mercouri qui déclare: "so you want to ruin the British museum?" ("Donc, vous voulez ruiner le British Museum?"). Culot typique des gens malhonnêtes (on les reconnaît si bien)...

     

     

    Une conservation garantie des frises à Athènes

    Les Britanniques ont d'abord déclaré qu'ils ne rendraient les frises que si la Grèce se dote des moyens de les conserver, car les Britanniques sont des justiciers de la conservation du patrimoine tels les colons civilisateurs de l'Afrique. N'oublions pas non plus toutes les légendes sur la pollution à Athènes, avec la rumeur qu'elle fut la plus importante d'Europe -Athènes qui, soit dit en passant, comporte 2 à 3 fois moins d'habitants que Londres ou Paris, est au bord de la mer, ventée... La logique échappe souvent aux intellectuels de pouvoir. C'est l'orgueil qui fait loi.
    S
    i vous connaissez les chiffres sur cette pollution (pas seulement celle causée par les particules fines) comparés aux autres villes citées ci-dessus, merci de me les indiquer. 

     

    Le nouveau musée de l'Acropole a ouvert ses portes en 2009. Le dernier étage est destiné à accueillir les marbres.

    Mais les Britanniques ne s'empressent pas de les rendre. Les lois les en empêchent (dis-donc!),  tout comme l'affection tendre pour les frises (ici, laissons couler une petite larme), la belle collection (cupide) et surtout... la volonté politique.

     

    Un message télévisé lancé par Mélina Mercouri dans les années 80 (en anglais) a été repris récemment.

    Traduction du message:

                              

    (...)

    Que signifie la cathédrale de Saint-Paul pour la Grande Bretagne?
    Que signifie le Taj Mahal pour l'Inde?
    Que signifient les peintures de la chapelle Sixtine pour l'Italie?
    Les marbres du Parthenon sont notre fierté, ils sont notre identité, ils sont aujourd'hui le lien avec l'Excellence grecque, ce sont des créations synonymes des concepts de démocratie et de liberté.

     

    La bataille continue...

     

     

    Photos : internet (les frises au British museum de Londres).

     

    LINKS/ LIENS :

    Site (PETITION) Bring them back
    Le retour des marbres : explications détaillées en français, notamment sur le traitement subi par les oeuvres au moment du pillage, sur les arguments pour et contre le retour des frises en Grèce.
    Marbles for flame

    Parthenon
    Histoire du Parthenon en images: reconstitution en images de synthèse par le réalisateur Costa-Gavras. Ce film figure à l'exposition permanente du musée de l'Acropole, avec des commentaires.

    Reportage britannique sur le musée de l'Acropole (avec des diversions discrètes pour jeter un "léger" discrédit sur les Grecs, sans parler des conditions d'échanges culturels privilégiés imposées en échange de prêts éventuels). Les Anglais sont donc prêts à rester malhonnêtes et à soumettre des conditions indues aux Grecs (admirez le sourire crispé et intéressé du porte parole de ces "conditions").

    La République des lettres : quelques explications objectives sur le débat.

     

    Le nouveau musée de l'Acropole :

    musee-acropole1.jpg 

    Photo : internet

     

     

    « John Coltrane : My Favorite ThingsBaudelaire: Spleen, chanté en grec (Pyx Lax) »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Pin It

  • Commentaires

    4
    Vendredi 29 Octobre 2010 à 09:25
    Dornac

    Heureusement le musée reste très beau. L'absence des frises originales à leur place est ridiculisante pour les Britanniques.

    3
    Vendredi 29 Octobre 2010 à 09:22
    Dornac

    S'ils les rendaient, ça confirmerait qu'ils sont européens, peut-être.

    2
    Jeudi 28 Octobre 2010 à 22:30
    lizagrèce

    J'aime beaucoup la manière dont le nouveau musée a remplacé les fresques volées par des fresques en vulgaire  plâtre représentant les séries manquantes... En attendant que ... Il y a eu de vagues promesses ...

    Quand Nikos Aliagas ne fait pas sa "star acadamy" il est très bien !

    1
    Jeudi 28 Octobre 2010 à 19:00
    BENICHOU

    Les anglais sont des voleurs, en plus ce sont des anciens colonialistes...Les pires.

    Je suis sûr qu'ils ne veulent pas rendre les frises parce, quelque part, celà confirmerait leur statut de puissance secondaire.( Comme la France!).

    PS: on a visité le musée récemment, c'est un éblouissement.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :