• Yannis Papaïoannou : Cinq Grecs dans l'Hadès * Πέντε Έλληνες στον Άδη

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    Cinq Grecs dans l'Hadès

    Cinq Grecs se rencontrèrent
    Un soir tout au fond de l'Hadès.
    Et la fête alors commencèrent
    En cassant tout dans les Enfers.

    Avec les bouzoukia, avec les baglamas
    Ils affolèrent les diablesses
    Et tournèrent la tête aux damnés
    Qui tous se mirent à danser.

    *Le Diable lui-même en personne
    En demeura la bouche bée
    Et senti la folie monter
    Devant l'audace de ces Grecs.

    Et tout l'Enfer s'enflamma
    Au bouzouki, au baglama
    Et tous crièrent à leur adresse :
    Oh oui, longue vie à la Grèce !

     

    Πέντε Έλληνες στον Άδη

    Πέντε Έλληνες στον Άδη
    ανταμώσαν ένα βράδυ
    Και το γλέντι αρχινάνε
    κι όλα γύρω τους τα σπάνε

    Με μπουζούκια, μπαγλαμάδες
    τρέλαναν τους σατανάδες
    Κι από κέφι ζαλισμένοι
    χόρευαν οι κολασμένοι

    *

     

     

    Στο ρωμαίικο τραγούδι
    κάηκε το πελεκούδι
    Κι όλοι φώναζαν αράδα
    να μας ζήσει η Ελλάδα 

     
                                                                     

              

    Traduction de Jacques Lacarrière in
    La Grèce de l'ombre, éditions Christian Pirot, 1999

                    

    Στίχοι: Κώστας Μάνεσης
    Μουσική: Γιάννης Παπαϊωάννου

     

     

    * Je n'ai pas trouvé le texte original de cette strophe. La traduction de J. Lacarrière ne correspond pas toujours au texte que j'ai trouvé: il se peut qu'il y ait différentes versions. Vous trouverez d'autres traductions sur stixoi.info, et sur Allthelyrics.com.

     

    Tableau en tête d'article : Valias (Valentin) Semertzidis : Danse pontique, 1982
    Βάλιας (Βαλεντίνος) Σεμερτζίδης : Ποντιακός χορός, 1982

     

    Les paroles sont de Kostas Manésis et la musique de Yannis Papaïoannou (album Ψηλός, Πατσάς).
    Yannis Papaïoannou (1914-1972),
    issus de la bourgeoisie, a enregistré des disques et fait des métiers d'homme du peuple malgré les pressions familiales (le rébétiko avait très mauvaise réputation), malgré la dictature (Metaxas), et a écrit 800 chansons dont 250 ont été enregistrées.
    Vous comprendrez en voyant le nombre important de videos qui suit, que cet air de rébétiko est devenu un classique, et pour certains un laïko (chanson populaire).

    Yannis Papaïoannou joue du bouzouki et chante dans la version suivante :

     

     

    Nikos Dimitratos et Kostas Papadopoulos (bouzouki) :

     

     

    Ici, on reconnait tout juste la voix d'Eleni Vitali au début de la chanson, ensuite, c'est bien elle !

     

     

    Kostas Ferris a réalisé une série documentaire sur le Rébétiko (après son célèbre film Rébétiko, 1983), cet extrait fait donc partie de la série Ιστορία του ρεμπέτικου τραγουδιού, la chanson est interprétée par le groupe Café Amman :

     

     

    Une émission sur la chaîne grecque ERT (2 novembre 2008) avec une mise en scène où l'on retrouve l'atmosphère (supposée) de l'époque des quartiers mal famés et des tékés (tavernes où l'on jouait du rébétiko) :

     

     

    Encore un vieil enregistrement, d'Odysseas Moschonas (Οδυσσέας Μοσχονάς) :

     

     

    Manolis Angelopoulos (Μανώλης Αγγελόπουλος) :

     

     

    Enfin, les "jeunes" du groupe Ithikon Akmeotaton (Ηθικόν Ακμαιότατον) :

     

     

    Autres interprétations disponibles sur Youtube :

    Notis Skafianokis Nότης Σφακιανάκης, Mario (Μαριώ), Glykeria (Γλυκερία), Stratos Payoumtzis (Στράτος Παγιουμτζής), Manolis Dimitrianakis (Μανώλης Δημητριανάκης),  M. Papadakis et M. Karantis au bouzouki (Μ.Παπαδάκης & Μ.Καραντίνης), Yorgos Zorbas (Γιώργος Ζορμπάς), Antonis Papaïoannou (fils de Yannis), Tsaousakis (et danse), Lela Papadopoulou (Λέλα Παπαδοπούλου), Katerina Stanisi (Κατερίνα Στανίση)...

     

    Liens / Links

    Yannis Papaïoannou (biographie de info.grece)
    Yannis Papaïoannou (wikipedia en français)
    Yannis Papaïoannou (wikipedia en anglais)

    Rébétiko sur ce blog :
    Tsitsanis dans la jungle
    Tsitsanis : Ingrate
    Tous les rébètes du monde
    Nikos Gatsos : Je brûle (Kaigomai)

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Décembre 2012 à 11:11
    Dornac

    Cette fois, je suis d'accord !

    Merci Oulipia.

    P.S : je crois avoir mis la référence du livre pour la traduction de Lacarrière (La Grèce de l'ombre).

    Il y a d'autres passages dont la traduction me surprend ici, c'est pour ça que j'ai mis une note, d'ailleurs.

    2
    Mardi 4 Décembre 2012 à 14:29
    lizagrèce

    Continuons de chanter haut et fort avec le Diable !

    3
    Mardi 4 Décembre 2012 à 20:56
    Dornac

     

    Olé Ela !!

    4
    oulipia
    Jeudi 18 Avril 2013 à 09:24
    oulipia
    Bonjour,

     pardon de "la ramener" encore une fois. Je n'ai pas trouvé le texte de la variante que Lacarrière traduit. 
    Mais je me permets (quelle outrecuidance, moi chétive) de rappeler que les rebetikos sont souvent en langue familière et en argot - et en l'occurrence,"τα σπάω" c'est de l'argot, ça veut dire quelque chose comme : "je m'éclate" - (voir quand on casse les assiettes devant une belle exécution de bouzouki)
    Donc ici le sens est : tout le monde s'éclate aux Enfers ! ... Et pas que les Grecs cassent tout (sauf au sens figuré) 
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