• Autrefois l'Église, aujourd'hui l'Entreprise... paternalistes et patriarches contre paternels

    Autrefois l'Église, aujourd'hui l'Entreprise... paternalistes et patriarches contre paternels

    Des patriarches pas très paternels aux paternalistes empêtrés dans des préjugés, voici un portrait
    des piteuses pratiques de prises de pouvoir pathétiques sur la vie privée des pères qui espèrent paterner...

    Une fois n'est pas coutume, j'avais envie de faire un commentaire en vrac sur l'actualité française et notre belle mondialisation en me servant d'un événement révélateur en France : la réaction (négative) des entreprises face à la possibilité pour les hommes d'obtenir un congé de paternité de six semaines (pétition en ligne initiée par le magazine Causette), proche des huit semaines de congé de maternité. Ce congé de paternité n'est pas seulement important pour les hommes, il est un argument contre celui des entreprises qui payent moins les femmes à cause des «risques de maternité» (même si une dynamique démographique élevée est pourvoyeuse de main d’œuvre et favorise donc les entreprises sur le marché de l'emploi).

    Comme autrefois l'Église se mêlait de l'intimité des personnes, aujourd'hui l'entreprise est le lieu suprême de cette volonté de contrôle de la vie privée des individus. C'est vrai qu'au XIXe siècle le paternalisme des entrepreneurs avait déjà annoncé la couleur : tout contrôler de la vie des personnes qui les servent, éviter par exemple les révoltes en construisant des logements (à cette époque il restait aux riches de l'argent pour le faire, aujourd'hui, ils n'ont plus un rond).
    Un homme avec un congé de paternité ? Pas d'accord ! dit l'Entreprise.
    En effet, paternaliste ou patriarche ne signifie pas du tout paternel. C'est le contraire, c'est plutôt du côté du contrôle totalitaire, dit plus gentiment, du « control freak » comme disent les Américains, c'est-à-dire une illusion malade de vouloir et de croire pouvoir tout contrôler. C'est comme une psychose ou une phobie : la crainte existe mais le danger ne se réalise jamais. Ici, on en rêve, on en fantasme mais ça n'arrive jamais de tout contrôler, même si on se donne tous les moyens pour le faire. L'Homme n'est pas dieu (ouf !)

    Est-ce que les entreprises qui refusent le congé de paternité n'ont pas plus simplement une volonté politique de maintenir les clichés hommes/femmes et d'assigner chacun à des rôles définis ? Est-ce que cette maladie de la volonté de dominer est liée au cliché de la virilité ? Peut-être, mais ça arrive aussi aux femmes de jouer l'omnipotence.
    De plus, et malheureusement, certaines femmes entretiennent le cliché de la virilité masculine en prétendant, par exemple, que les femmes ont besoin d'un homme « protecteur et autoritaire »
    (je fais référence à des propos de Natacha Polony), soit parce qu'elles sont restées petite fille et donc par volonté de paraître « femme-féminine adorant les hommes-virils », sans peur des pléonasmes, soit pour valoriser l'image « tango » du couple et des fantasmes de passions fusionnelles, que les féministes peuvent avoir aussi, mais qu'on n'a aucune raison de confondre avec la vie sociale.
    Ici, « protecteur » et « autoritaire » sont des termes qui renvoient uniquement à la domination. Ces femmes confondent la domination masculine avec des qualités attendues, par ailleurs, aussi bien chez les hommes que chez les femmes :
    le respect, le courage, la résistance aux « intempéries », le sens des responsabilités, la solidarité dans le couple, l'aptitude aux jeux amoureux, la bonne santé mentale. Un homme autoritaire et protecteur n'a pas nécessairement ces qualités.
    En revanche,
    le congé de paternité est l'un des moyens pour faciliter un investissement plus libre et véritable des hommes dans la vie privée, dans la famille.
    Une famille forte est une famille qui a la possibilité et la liberté d'aller et venir entre sa vie privée et son engagement social sans avoir à sacrifier le père ou la mère dans le couple. Ce n'est peut-être pas le rêve des entreprises ni de l'État. Dans Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, il n'y a plus de famille parce qu'elle représente un danger pour l'État, tout comme dans notre monde paternaliste, la famille doit être soumise et non forte, ni même capable d'autonomie.

    Non, la domination masculine n'est pas de la virilité, encore moins de la paternité, c'est une construction sociale pour soumettre la famille à l'ordre établi (par l’État et/ou les entreprises) ! C'est de la violence pavée de bonnes intentions. C'est comme si on disait qu'une vraie mère est celle qui étouffe ses enfants et les empêche de grandir.

     

    Tableau en tête d'article : Γύζης Νικόλαος : Η χαρά των γονέων
    Nicolaos Gyzis (1842-1901) : La joie des parents

    France Info (la vidéo qui m'a «inspirée») :

     


    Lien à suivre si la vidéo ne fonctionne pas : Congé paternité : vers un alignement sur le congé maternité ?

    Quand le chef d'entreprise dit «c'est un risque de désorganisation (...) de ne pas pouvoir le remplacer», j'ai envie de répondre : «ce n'est pas "pro" de ne pas savoir s'adapter aux risques». Pour d'autres risques les entreprises savent souvent s'adapter, d'ailleurs, mais pas pour celui-là.
    Aussi les entrepreneurs se plaignent-ils souvent (et c'est vrai que ce n'est pas facile de monter une entreprise en France) : ils montrent par là qu'ils ne sont pas à la hauteur des contraintes pour gérer une entreprise.

    Même remarque pour les absurdes modes de « managments », de direction en entreprise consistant à stresser les employés et à leur donner systématiquement des objectifs impossibles à atteindre. Les résultats sont que soit les employés mentent (et nuisent donc à l'entreprise), soit ils cessent de travailler (absence totale de zèle, retards, absences, voire - ô horreur - grève).

    La bêtise des hommes de pouvoir rencontre TOUJOURS des murs ! Et l'Homme est inaliénable grâce à ses limites: poussez-le au-delà de ses forces, il tombe, bien sûr! Mais les fous maniaques du contrôle continuent de s'acharner sur son cadavre, entretenant ainsi leur propre frustration. Certains ont inventé le transhumanisme pour se libérer des limites de l'Homme et trouver des robots ou des androïdes corvéables à merci. Ils ne semblent pas savoir qu'ils y trouveront encore des frustrations! Peut-être que la solution serait d'accepter ses propres limites ? L'égo en prendrait un coup, le désir disparaîtrait parce qu'il n'est que pétri de narcissisme et il faudrait reconstruire ce désir sur l'amour de l'Autre: comme c'est difficile pour ces personnalités-là !

    Pour en revenir à l'ultralibéralisme, les entreprises bénéficient des dépenses de fonctionnement de l'État par les nombreux services qu'il rend. Les macronistes veulent les diminuer. Je rêve de voir la réalisation des conneries ultralibérales et la chute des ultralibéraux après avoir tari leur source (l'État, justement). En effet, le dogme ultralibéral relève de l'obscurantisme, de l'esprit magique (pour la connotation mignonne), de la mystique religieuse la plus triviale. Malheureusement c'est lui qui commande le monde. Tant pis pour le mauvais jeu de mot, les «control freak» sont aussi les «control fric.»

     

     Au fait, sommes-nous encore en démocratie?

    Commençons par les besoins primaires : le beurre. Il y aurait une pénurie de beurre. Il s'agit en fait d'une pression des distributeurs sur les agriculteurs pour négocier à la baisse les prix du beurre. Je vous recommande pour comprendre ce type de manipulation de revoir un film de 1978 de Jacques Rouffio, Le Sucre, d'après l'ouvrage de Georges Conchon, où l'on voit les puissances industrielles et financières décider de la pénurie du sucre (d'après une histoire vraie, celle de la bulle spéculative sur le prix du sucre de 1974). D'ailleurs, pour le sucre, Les Echos (21/10/2016) avaient annoncé son déficit pour cette année : «Le scénario d'un déficit mondial semble prévisible pour 2016-2017, selon l'Organisation internationale du sucre (ISO)». Pour l'instant, heureusement, pas de nouvelles.
    Quel rapport avec la démocratie ? Personne ne vote pour les gens qui décident des cours de la bourse ou des orientations économiques, notamment de la pénurie de l'emploi (puisque l'emploi est aussi un marché) et dont le pouvoir a pris le pas sur le politique. D'ailleurs, le politique ne résiste plus devant l'économique, oui, je sais ce n'est pas nouveau, mais à présent de manière exponentielle, sans complexe, revendiqué comme la seule et unique raison (la pensée unique telle que la décrivait Jean-François Kahn), de façon définitivement despotique et antidémocratique :

    - Les Grecs ont voté «non» au référendum de 2015, l'Europe des financiers n'en a eu cure : la politique d'austérité qui ruine la Grèce et enrichit les banquiers (de 7.8 milliards d'euros) a été poursuivie.
    - Les Catalans ont voté pour leur indépendance, Rajoy (qui appartenait à un parti franquiste, l'Alianza Popular) a interdit le vote, a mené une politique violemment répressive à la matraque, a destitué (de manière légale?*) le gouvernement catalan après avoir repris en main la police catalane et les finances de la région. Pour l'instant, le chef catalan Puigdemont a été libéré sous condition par Bruxelles après s'être lui-même rendu aux autorités belges.
    - Désormais, les Anglais qui ont voté pour le Brexit vont sans doute faire l'expérience de la politique dictatoriale des financiers européens, car ces derniers cherchent, selon Jean-Marc Sylvestre dans Atlantico, à faire annuler ce vote.

    Trois exemples inquiétants, plus inquiétants que les votes «populistes» puisque cela se situe à un haut niveau de pouvoir, on pourrait même se demander si les votes d'extrême-droite en Europe –partis politiques qui ne diront jamais «non» aux riches et ne casseront jamais le mur de l'argent, au contraire ne viennent pas simplement entériner les projets des pouvoirs financiers européens. À votre avis, c'est du complotisme de le penser ?

     

     

     *Vous remarquerez que les journaux ne se posent jamais la question, celle qui vient en boucle, la seule est : «l'indépendance de la Catalogne est-elle légale?» Mais le gouvernement de Madrid avait-il le droit de destituer ce gouvernement élu par le peuple, avant même le référendum sur l'indépendance? Est-il en règle avec la déclaration des droits de l'Homme de l'ONU et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes? L'article 155 de la Constitution espagnole qui a été appliqué par Rajoy est en effet ambigu...

     

    Links/ Liens

    Le congé paternité en Europe

    Zoom sur le congé parental en Europe (magazine Parents)

    tns -soffres : de plus en plus de pères prennent leur congé de paternité (sondage 2008)

    Insee, 2013 : après une naissance, un homme sur neuf contre une femme sur deux réduisent leur activité

    Quatorze fois plus de pères ont pris un congé parental en 14 ans (magazine belge L'avenir, 2017)

    Liberté sexuelle et anarchisme (wikipedia)

     

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     Signez la Pétition :
    Rendez l’argent aux Grecs !
    Give the money back to Greeks !
    Να επιστρεφούν τα χρήματα
    un article ici sur le sujet

     

     

     

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