• Bernard Lavilliers

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    Bernard Lavilliers, Christophe et Adamo ont participé au disque du chanteur grec Lavrentis Machairitsas (Les anges vivent encore en Méditerranée) qui devrait sortir prochainement (avril 2012, dit-on). J'en profite donc pour rendre hommage à l'un des meilleurs chanteurs français actuels.

     

     

    Faits divers, paroles et musique de Bernard Lavilliers  (1991)

     

    Comment va le monde ? il est rouge sang
    et à mon avis, il l'est pour longtemps
    comment va la vie ? il y a des endroits
    elle vaut dix dollars combien je te dois
    comment va l'amour ? il joue les absents
    demande aux vautours de gagner du temps
    comment va le monde ? il est rouge sang
    et à mon avis, il l'est pour longtemps

    après bien des années d'errance
    et de silence embarrassé
    des hommes n'ont toujours pas de nationalité
    comment parler de non-violence
    À un amour qu'on a violé ?
    la dignité n'est pas votre spécialité

    comment va la guerre ? elle va comme elle va
    elle est planétaire, on se reverra
    comment va la banque ? la banque surnage
    pour les grands requins y a pas de naufrage
    comment va la mort ? record absolu
    toujours très discrète, je n'en sais pas plus
    comment va la guerre ? elle va comme elle va
    elle est planétaire, on se reverra
    elle est planétaire, on se reverra

    après bien des années d'errance
    et de silence embarrassé
    des hommes n'ont toujours pas de nationalité
    comment parler de non-violence
    À un amour qu'on a violé ?
    la dignité n'est pas votre spécialité

    je ne veux plus gueuler: "comment va le monde ?"
    et qu'on me réponde: "il va comme il va"
    comment va la vie ? elle n'est pas très fière
    sur ces cinq colonnes dans les faits divers
    comment va l'amour quand il vous a vu ?
    a fait demi-tour, on n'en parle plus
    je ne veux plus gueuler: "comment va le monde ?"
    et qu'on me réponde: "il va comme il va"

    après bien des années d'errance
    de populations déplacées
    la solitude n'a pas de nationalité
    il faudrait casser ce silence
    vous l'avez mal interprété
    la dignité n'est pas votre spécialité

    comment va le monde ? il est rouge sang
    et à mon avis, il l'est pour longtemps
    comment va l'amour ? il joue les absents
    demande aux vautours de gagner du temps
    comment va la vie ? elle n'est pas très fière
    sur ces cinq colonnes dans les faits divers.

     

    Le sexy Lavilliers :

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    Lavilliers lucide : Les troisièmes couteaux (album Champs du possible, 1994)

     

     

    Devant nous l'an 2000. Quelques heures nous séparent.
    N'en parlez pas m'a-t-on dit.
    Et pourtant ce silence a comme un balancement maudit
    Qui vous met la pendule à l'heure.
    C'est le moment, c'est pas trop tôt
    Pour parler des troisièmes couteaux.

    Ils ne font rien, ils se situent.
    Ils sont consultants ambigus
    Des hydres multinationales.
    Pas de nom, que des initiales.
    Ils ont de grands ordinateurs.
    Poules de luxe, hommes de paille.
    Requins, banquiers, simples canailles.
    Pas de nom et pas de photo,
    Leurs sociétés sont étrangères.
    Plus compliqué est le réseau
    Qui les relie à leurs affaires.

    Il était grand, il était beau.
    Il sentait bon son Lugano,
    Mon gestionnaire.

    Justement près de Lugano
    Etait la banque Ambrosiano.
    Là où les vierges vaticanes
    Faisaient fructifier leur magot.
    Loge P2 dans ses arcanes
    A deux massifs cardinaux
    Pour les consultations diaphanes
    Avec de joyeux mafiosos.
    Le fameux compte à numéro
    Passe de Zurich à Lausanne,
    De Bâle à Londres, près de Soho,
    Rencontra le troisième couteau

    Il était chauve, il était gros.
    Il portait des fringues de chez Smalto,
    Mon mercenaire.

    Les politiques, drôles d'oiseaux,
    Prennent toujours pour plan de vol
    Les bulletins de la météo
    Ils vont toujours où il fait beau.
    Il fait beau dans les audimats,
    Dans les sondages du Figaro.
    Il fait très beau chez la misère
    Et dans les pauvres humanitaires.
    Il fait beau sur les droits de l'homme.
    Il fait beau chez l'intégration,
    Le plein emploi, l'immigration.
    On se les gèle dans le pognon.

    Politiquement leurs idéaux
    Sont très ciblés sur deux critères:
    Entre Mad Max et l'abbé Pierre

    Pas de nom et pas de photo,
    Leurs sociétés sont étrangères.
    Plus étonnant est le réseau
    Qui les réunit entre frères.
    Ils ne font rien, ils se situent.
    Ils prennent, ils se gavent, ils se tuent,
    Trivialité derrière les mots,
    La réussite dans les crocs.
    Ils sont là à tous les niveaux.
    C'est le règne des troisièmes couteaux

     

    Lavilliers engagé : Les mains d'or (un des chefs d'oeuvre du chanteur - album Arrêt sur image,  2001), avec Balbino Medellin:

     

     

     

    Un grand soleil noir tourne sur la vallée
    Cheminée muettes, portails verrouillés
    Wagons immobiles, tours abandonnées
    Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

    On dirait, la nuit, de vieux châteaux forts
    Bouffés par les ronces, le gel et la mort
    Un grand vent glacial fait grincer les dents
    Monstre de métal qui va dérivant

    J'voudrais travailler encore, travailler encore
    Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
    Travailler encore, travailler encore
    Acier rouge et mains d'or

    J'ai passé ma vie là, dans ce laminoir
    Mes poumons, mon sang et mes colères noires
    Horizons barrés là, les soleils très rares
    Comme une tranchée rouge sur l'espoir

    On dirait, le soir, des navires de guerre
    Battus par les vagues, rongés par la mer
    Tombés sur le flan, giflés des marées
    Vaincus par l'argent, les monstres d'acier

    J'voudrais travailler encore, travailler encore
    Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
    Travailler encore, travailler encore
    Acier rouge et mains d'or

    J'peux plus exister là
    J'peux plus habiter là
    Je sers plus à rien, moi
    Y'a plus rien à faire
    Quand je fais plus rien, moi
    Je coûte moins cher, moi
    Que quand je travaillais, moi
    D'après les experts

    J'me tuais à produire
    Pour gagner des clous
    C'est moi qui délire
    Ou qui devient fou
    J'peux plus exister là
    J'peux plus habiter là
    Je sers plus à rien, moi
    Y'a plus rien à faire

    Je voudrais travailler encore, travailler encore
    Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
    Travailler encore, travailler encore
    Acier rouge et mains d'or...

     

     

    Clip de deux minutes :

     

    Une interview intéressante de Bernard Lavilliers par Michel Druker en 1979 :

     

     

    Heureusement, Lavilliers fait encore des concerts superbes. Merci.

     

    Liens/ Links

    Site officiel de Bernard Lavilliers
    Lavilliers sur Wikipedia
     

    Lavilliers, Christophe, Adamo, Cabrel chez les Grecs * Λαυρέντης Μαχαιρίτσας

                            

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  • Commentaires

    4
    lizagrèce
    Jeudi 18 Avril 2013 à 09:30
    lizagrèce

    J'aime aussi beaucoup ce chanteur !

    http:/:maisondeliza.over-blog.fr

    3
    lizagrèce
    Jeudi 18 Avril 2013 à 09:30
    lizagrèce

    A Nauplie ça m'étonnerait car il n'y a pas de salle !

    2
    Jeudi 19 Avril 2012 à 00:19
    Dornac

    L'été on chante dehors avec les cigales, les grillons et tout l'orchestre de percussions naturelles.

    1
    Mercredi 18 Avril 2012 à 13:03
    Dornac

    Il va peut-être venir en Grèce... à Nauplie, qui sait ?

    Je l'ai vu deux fois l'année dernière : à l'Olympia et à la fête de l'Huma. Il y avait Joan Baez aussi à cette fête de l'Huma. On l'a attendue, attendue, attendue... sous la pluie : j'étais trempée comme si j'avais sauté à l'eau. Des jeunes qui ne la connaissaient pas restaient en disant "si tout ce monde l'attend avec ce temps pourri, c'est que ça doit être quelqu'un d'important".
    C'était un moment fort, ce concert !

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