• Zacharias Papantoniou : Morne crépuscule * Λυπημένα δειλινά

    Zacharias Papantoniou : Morne crépuscule * Λυπημένα δειλινά

     

    Morne crépuscule

    Dans les ruelles d'un quartier pauvre,
    mon esprit toujours revient sur ses pas –
    rues du morne crépuscule,
    comme il en est, le dimanche...

    Une femelle usée
    dans le faux-jour rouge –
    sans un mot, comme sans y croire
    arrose un pot de basilic.

    Aucun passant ne va passer,
    et cette autre, sur son balcon,
    n'attend personne là, debout
    dans sa robe de fête en velours grenat.

    Une vieille est assise comme la Destinée,
    dans la vaste lumière d'une porte en ruines.
    Et l'ombre de l'enfant s'allonge...
    Une cloche s'entend au loin...

    Derrière un nuage cramoisi,
    le soleil s'apprête à tomber.
    Comme un psaume on entend la voix
    du dernier marchand ambulant.

    Et tout en reste là. Le soir
    n'en finit plus de venir...
    Ah, que mon âme se fait lourde
    le dimanche, au crépuscule...

     

    Λυπημένα δειλινά

    Στῆς γειτονιᾶς τῆς φτωχικῆς
    γυρίζει ὁ νοῦς μου τὰ στενά,
    τὰ λυπημένα δειλινὰ
    στοχάζομαι τῆς Κυριακῆς.

    Μέσα στὴν κόκκινη ἀντηλιὰ
    τὸ μαραμένο θηλυκὸ
    δίχως ἐλπίδα καὶ μιλιὰ
    ποτίζει τὸ βασιλικό.

    Κανεὶς διαβάτης δὲν περνᾷ,
    κανένα αὐτὴ δὲν καρτερεῖ
    ποὺ στὸ μπαλκόνι ὀρθὴ φορεῖ
    τὸ γιορτινό της τὸ γκρενᾶ.

    Σὰ μοῖρα κάθεται μία γριά.
    Στὸ φῶς μιᾶς πόρτας ρημαδιοῦ
    μακραίνει ὁ ἴσκιος τοῦ παιδιοῦ…
    Καμπάνα ἀκούγεται μακριά…

    Στὸ σύννεφο τὸ βυσσινὶ
    θὰ πέσει ὁ ἥλιος νὰ κρυφτεῖ.
    Ψαλμὸς ἀκούγεται ἡ φωνὴ
    τοῦ τελευταίου πραματευτῆ.

    Ὅλα σταμάτησαν ἐκεῖ.
    Ἀργεῖ πολὺ νὰ ῾ρθεῖ ἡ βραδιά…
    Πῶς ἔχω τὴν ψυχὴ βαριά,
    Τὸ δειλινὸ τὴν Κυριακή...

                                                                                             

    Traduction de Dominique Grandmont in
    37 poètes de l'Indépendance à nos jours,
    P.J. Oswald, 1972, p.42

      ἀπὸ Τὰ θεῖα δῶρα

     

    Tableau en tête d'article d'Emmanuel Zaïris : Γυναίκα που γνέθει
    Femme qui file

     Le poème a été mis en musique par Yannis Spanos et interprété par Kaiti Chomata (1967) :

     


    Video : tsou mpoj
     

     

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    Zacharias Papantoniou sur ce blog (plusieurs pages)

    Les poèmes de Zacharias Papantoniou (en grec)

    Biographie (wikipedia, en grec)

    Références de la Bibliothèque nationale de France

    Sur l'auteur (in History of modern Greek literature, en anglais, google book)

     

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 24 Janvier 2015 à 08:08

    Dimanche, nous espérons avoir l'âme légère ...

    2
    Samedi 24 Janvier 2015 à 10:48

    Oui, un crépuscule mais pas celui des idoles du capitalisme, parce que même Tsipras ne pourra pas mettre un terme réel au "devoir de surendettement à vie des Grecs" imposé par l'Europe. L'Histoire écrira que c'était inique, cynique, pathétique, mais fatidique parce qu'on ne met pas le couteau sous la gorge des vrais escrocs. En plus, quelle aubaine, le terrorisme ne s'attaque jamais à eux !

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