• Georges Séféris : Radio * Τὸ ραδιόφωνο

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    Ce poème de Georges Séféris fait partie du recueil Κίχλη (Grive) paru en 1947 :

     

    Radio

    « Voiles sous le souffle du vent
    Rien d'autre ne subsiste du jour.
    Silence et senteur de pin
    Adouciront aisément la plaie
    Qu'ont faite en partant le marin,
    le hoche-queue, le gobe-mouches, le chabot.
    Femme qui n'as plus de toucher,
    Entends les obsèques des vents.

    Il s'est vidé le tonneau d'or.
    Le soleil est devenu loque
    Au cou d'une femme jeune encore
    Et qui tousse à n'en plus finir.
    L'été, enfin, la laisse inconsolée,
    Qui couvrait d'or l'épaule et l'aine.
    Femme qui as perdu la lumière,
    entends, aveugle chante.

    Il fait nuit. Ferme les volets.
    Taille des flûtes dans les roseaux anciens,
    Et n'ouvre pas même s'ils frappent :
    Ils crient mais ils n'ont rien à dire.
    Prends des cyclamens, des aiguilles de pin
    Lys dans le sable, anémones de la mer.
    Femme qui as perdu la raison,
    Entends les obsèques de l'eau...

    Athènes. Les événements dont l'opinion publique
    Suit le déroulement avec angoisse
    évoluent de façon foudroyante.
    Monsieur le Ministre a déclaré :
    Nous n'avons plus le temps de...
    … prends des cyclamens
    Des aiguilles de pin...
    Des lys dans le sable...
    Des aiguilles de pin...
    Femme...
    … l'emporte de façon écrasante.
    Arès...

    CHANGEUR D'ÂMES »

     

    Τὸ ραδιόφωνο

    «Πανιὰ στὸ φύσημα τοῦ ἀγέρα
    ὁ νοῦς δὲν κράτησε ἄλλο ἀπὸ τὴ μέρα.
    Ἄρωμα πεύκου καὶ σιγὴ
    εὔκολα θ᾿ ἁπαλύνουν τὴν πληγὴ
    ποὺ ἔκαμαν φεύγοντας ὁ ναύτης
    ἡ σουσουράδα ὁ κοκωβιὸς κι ὁ μυγοχάφτης.
    Γυναίκα ποὺ ἔμεινες χωρὶς ἁφή,
    ἄκουσε τῶν ἀνέμων τὴν ταφή.

    «Ἄδειασε τὸ χρυσὸ βαρέλι
    ὁ γήλιος ἔγινε κουρέλι
    σὲ μιᾶς μεσόκοπης λαιμὸ
    ποὺ βήχει καὶ δὲν ἔχει τελειωμό-
    τὸ καλοκαίρι ποὺ ταξίδεψε τὴ θλίβει
    μὲ τὰ μαλάματα στοὺς ὤμους καὶ στὴν ἥβη.
    Γυναίκα ποὺ ἔχασε τὸ φῶς,
    ἄκουσε, τραγουδᾶ ὁ τυφλός.»

    «Σκοτείνιασε- κλεῖσε τὰ τζάμια-
    κάνε σουραύλια μὲ τὰ χτεσινὰ καλάμια,
    καὶ μὴν ἀνοίγεις ὅσο κι ἂν χτυποῦν-
    φωνάζουν μὰ δὲν ἔχουν τί νὰ ποῦν.
    Πάρε κυκλάμινα, πευκοβελόνες,
    κρίνα ἀπ᾿ τὴν ἄμμο, κι ἀπ᾿ τὴ θάλασσα ἀνεμῶνες
    γυναίκα ποὺ ἔχασες τὸ νοῦ,
    ἄκου, περνᾶ τὸ ξόδι τοῦ νεροῦ...»

    «Ἀθῆναι. Ἀνελίσσονται ραγδαίως
    τὰ γεγονότα ποὺ ἤκουσε μὲ δέος
    ἡ κοινὴ γνώμη. Ὁ κύριος ὑπουργὸς
    ἐδήλωσεν,
    Δὲν μένει πλέον καιρός...»
    «... πάρε κυκλάμινα...
    πεῦκο βελόνες...
    κρίνα ἀπ᾿ τὴν ἄμμο...
    πεῦκο βελόνες...
    γυναίκα. .»
    «... ὑπερτερεῖ συντριπτικῶς.
    Ὁ πόλεμος...»

    ΨΥΧΑΜΟΙΒΟΣ

            

    Traduction de Jacques Lacarrière et Égérie Mavraki,
    Mercure de France, 1964.

       

     

      Tableau en tête d'article d'Emmanuel Zaïris (Εμμανουήλ Ζαϊρης)

    Voir aussi

    Biographie et choix de textes sur le site espritsnomades.com

    Poèmes publiés sur la République des Lettres

    Biographie de Seferis sur wikipedia

    « Haris Alexiou, Maria del Mar Bonet: La serveuse * Η γκαρσόναOrpheas Peridis : Je pars * Φεύγω »
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