• Marie Chouinard : Orphée et Eurydice (orgie dionysiaque)

    Spectacle de danse de Marie Chouinard, le 13 mai 2009 au Théâtre de la Ville à Paris.

     

    Le mythe : Orphée a perdu son amante Eurydice qui a été mordue par un serpent. Il chante dans le monde des Enfers où le dieu Hadès, attendri, accepte de lui rendre Eurydice s’il ne se retourne pas sur le chemin qui les ramène vers la vie. Mais Orphée trébuche et s’inquiète pour Eurydice. Il se retourne : il la perd… définitivement.

    C’est un spectacle orgiaque où les nymphes et les satyres nous divertissent de la tragédie d’Orphée et Eurydice.

    Orphée et Eurydice figés tous deux dans un cri muet, et finalement un cri qui n’en finit pas de sortir lorsqu’on vient à l’étirer , avancent à pas comptés sur une ligne droite imposée par la mort. 

       
      Photos du spectacle d'après youtube.

     

    Orphée rencontrera Cerbère (cousin de Vishnou ?) à la porte des Enfers.

    Pan, Priape, satyres, nymphes et ménades viennent nous faire oublier l’interdiction de se retourner. Finalement, on se retournera volontiers (les danseurs viennent nous rendre visite dans les gradins). 

    Les hommes, montés sur des sabots de Drag Queen, se déhanchent.


                                                                                                                                              
    Ils invitent à la joie des soubresauts amoureux, au rire et au sourire  pour nous divertir… de la tragédie d’Orphée et Eurydice.
    Chapka ou bonnet phrygien ? « moite-moite » !

    Bonnets diophrygiens en poil d'animal. Les pantalons gris-bleu-travail des danseurs ont un pli bien ajusté à l’aine.

    Les danseurs semblent s’amuser, leurs mouvements sont sensuels. Ils viennent d’abord le rire au ventre en glissant sur le sol, les pas en triangulations, ils viennent le rire au ventre – c’est communicatif – et dans ce décor blanc dépouillé, ils jouent parfois au concours de celui qui se retournera le premier – ah comme c’est drôle de faire exactement le contraire de ce qu’on vous a demandé !- et le premier qui se retourne a gagné ! 

     

    La musique électroacoustique de Louis Dufort rappelle le froissement du papier,  le crépitement du feu, les craquements de la mâture, les fraiseuses, la vie primitive aussi, les transes techno. Elle s’accompagne de la respiration amplifiée des danseurs. Ils parlent une langue inconnue, ils éructent des syllabes, et nous sommes d’accord.

     

    On recommence…

    Orphée et Eurydice crient presque « munchinalement »  et disparaissent après avoir tracé leur souffrance en suivant un fil comme tiré du sexe au travers du corps et sorti par la bouche ouverte en « O » déprimant, dégueulant, un « O » de masque de tragédie, écrasé dans un étau, étiré verticalement par la douleur, les yeux écarquillés.

     La traversée du fil dans le corps, un fil « éventraire » en quelque sorte, indique une direction. Quelques magiciennes avalent leurs boules de geisha par le vagin et les font réapparaître plus tard par la bouche – et inversement.

    Pour qui sont ces serpents qui sortent du stoma ?

         

    De l’estomac ?

     

    Non, de leur bouche depuis leur estomac. Les nymphes et les satyres ondulent alors en file égyptienne comme envoûtés par les contorsions des serpents.

     

     

     

     
    J’aimerais bien le revoir ce spectacle, encore ! Encore ! Encore ! 

    **
    Des extraits...

     
    LINKS/LIENS
     
    Marie Chouinard est une danseuse et chorégraphe québecoise:
     
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