• Odysseas Elytis : Η νεφέλη * La Nuée

    Odysseas Elytis : Η νεφέλη * La Nuée

                
     

    Η Νεφέλη ( I Nepheli )

    Μέρα τη μέρα ζω - που ξέρεις αύριο τι ξημερώνει;

    Το 'να μου χέρι τσαλακώνει τα λεφτά και τ' άλλο μου τα ισιώνει.

    Βλέπεις χρειάζονται όπλα να μιλάν στα χρόνια μας τα χαώδη και να 'μαστε και σύμφωνοι με τα λεγόμενα «εθνικά ιδεώδη».

    Τι με κοιτάς εσύ γραφιά που δεν εντύθηκες ποτέ στρατιώτης
    η τέχνη του να βγάζεις χρήματα είναι κι αυτή μία πολεμική ιδιότης

    Δεν πα' να ξενυχτάς- να γράφεις χιλιάδες πικρούς στίχους ή να γεμίζεις με συνθήματα επαναστατικά τους τοίχους

    Οι άλλοι πάντα θα σε βλέπουν σαν έναν διανοούμενο

    και μόνο εγώ που σ' αγαπώ: στα όνειρά μου μέσα έναν κρατούμενο.

    Έτσι που αν στ' αλήθεια ο έρωτας είναι καταπώς λεν «κοινός διαιρέτης»

    εγώ θα πρέπει να 'μαι η Μαρία Νεφέλη κι εσύ φευ

            ο Νεφεληγερέτης.

     

    Χαράξου κάπου με οποιονδήποτε τρόπο και μετά πάλι
            σβήσου με γενναιοδωρία.

     

    La Nuée

    Je vis au jour le jour - qui sait ce que le lendemain nous réserve?

    D'une main je froisse les billets, de l'autre les lisse et les restaure.

    Tu vois, pour parler en nos temps cahotiques, il nous faut des munitions et joindre aussi sa voix à  «l'idéal de la nation».

    Pourquoi me regardes-tu ainsi, toi le scribe qui n'a jamais été soldat ?
    Sais-tu que l'art de s'enrichir est aussi une activité de guerre?

    Tu as beau passer tes nuits à écrire des milliers de vers amers, ou à tagger les murs de messages révolutionnaires...

    Les autres te traiteront toujours d'intellectuel.

    Et moi, seule à t'aimer, dans mes rêves, un détenu.

     [derniers paragraphes non traduits, voir ci-dessous dans la version anglaise*]

     

     

     

     

     

     

                
             
    Οδυσσέας Ελύτης
    Από Μαρία Nεφέλη , 1978.
    From Maria Nefeli
      Traduction du CD d'Angelica Ionatos
     Comme un jardin la nuit (νυχτερινός κήπος), édité chez Accords croisés : www.accords-croises.com

     

    Texte extrait du recueil Marie des Brumes (1978) d'Odysseus Elytis.

    Tableau en tête d'Anna Kindyni

     

    Je ne connais pas de traduction française disponible à ce jour du texte intégral, celle de Xavier Bordes et Robert Longueville chez l'Éditeur François Maspero est épuisée.

    Seuls les disques d'Angelique Ionatos permettent d'y avoir accès facilement... pour l'instant. * Dans la traduction anglaise de Jeffrey Carson et Nikos Sarris, on trouve le paragraphe manquant traduit de manière suivante :

    If love's "common denominator" as it were
        I must be Maria Nephele - you, woe, Cloud-Gatherer**

    Inscribe yourself someplace anyway you can and later erase yourself again with generosity.
        Si l'amour est le «dénominateur commun» comme ce le fut
        Je dois être Maria Nepheli - et toi, le Nephelegeretes**

    Inscris-toi quelque part où tu peux, et ensuite, efface-toi  à nouveau avec générosité.
       

    ** le glaneur de nuées, épithète pour Zeus 

    Traduction personnelle


    Angelique Ionatos a mis en musique ce poème. On la retrouve ici dans son interprétation aux côtés de Katerina Fotinaki (album
    Comme un jardin la nuit) :

     

    Merci à pipinezaki pour cette video

    On a quand même de la chance que les sirènes viennent jusqu'en France, parfois pour y passer leur vie...
     
    Extraits de l'album d'Angélique Ionatos, Marie des Brumes (1988) aux côtés de Spyros Sakkas : deezer et sur musicme:

     

    Enfin, un extrait de Maria Nefeli chanté
    par Savina Yannatou (musique de Dimitris Maragkopoulos) dans l'album Maria Dolores Parelthon (1990) :
     

     

    Οδυσσέας Ελύτης
    Odysseas Elytis
    (2 novembre 1911— 18 Mars 1996)
     
    Liens/ Links
    > Suite de la rubrique Elytis de ce blog >>Le jardin était dans la mer  
     
     
    Maria Nephele in English : traduction anglaise de Jeffrey Carson et Nikos Sarris (in The collected poems of Odysseqs Elytis).

     

     
    ***
    Pour tous vos commentaires, informations ou corrections, cliquez "contact", merci.
    « Yannis Ritsos : Et voilà, mon frèreOdysseas Elytis : Τα τζιτζίκια * les Cigales »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :