Proto taxidi etyche navlos ya to Noto dyskoles vardies, kakos ypnos kai malaria. Inai paraxena tis indias ta fanaria kai den ta vlépis, kathos lene me to proto. Per' ap' ti ghéfyra tou Adam, sti Notio Kina, chiliades paralavainès tsouvalia soghia. Ma outé stigmi den élismonisès ta logia pou sou pané mia koufia ora stin Athina. Sta nychia baini to katrami kai t'anavi chronia sta roucha ta psarolado myrizi, ki o logos tis mès sto myalo sou na sfyrizi « o bousoulas inai pou stréfi i to karavi ? » Noris batarise o kairos k'éki chalasi Skatzarisès, ma sé krata lypi mégali apopsé psofisane i dyo mou...
À bord de l'«Aspasia» Tu voyageais poursuivie par ton destin pour une Suisse immaculée mais sinistre toujours sur le pont, étendue sur une chaise longue, livide pour une raison connue et trop affligeante. Toujours inquiets, les tiens t'entouraient, mais toi tu regardais au loin indifférente. À leurs propos tu riais amèrement, car tu sentais que vers le pays de la mort tu cheminais. Un soir où nous dépassions Stromboli tu dis en riant à quelqu'un, sur le ton de l'humour : « comme ressemble mon corps malade, qui se consume, à la cime du volcan en éruption ! » Puis je te vis à Marseille comme tu te...
Nikos Kavvadias (1910-1975) est un poète grec (enfant du Pirée comme le peintre Tsarouchis) qui a tardivement été reconnu. Il a écrit un seul roman, Le Quart, et a fait de la mer et du voyage le sujet de prédilection de ses écrits car il fut longtemps radiotélégraphiste sur les navires. Vous pourrez écouter les interprétations musicales qui ont été données à ce poème, celle du groupe de rap Social Waste et celle, plus traditionnelle de Mariza Koch, une chanteuse connue depuis les années 70 et qui a notamment travaillé avec Manos Loïzos. Marabout, un poème qui tangue comme sur la mer : Μαραμπού...
ΕΝΑ ΜΑΧΑΙΡΙ Απάνω μου έχω πάντοτε στη ζώνη μου σφιγμένο ένα μικρό αφρικανικόν ατσάλινο μαχαίρι -όπως αυτά που συνηθούν και παίζουν οι Αραπάδες- που από ένα γέρον έμπορο τ' αγόρασα στ' Αλγέρι. Θυμάμαι, ως τώρα να 'τανε, το γέρο παλαιοπώλη, όπου έμοιαζε με μιαν παλιάν ελαιογραφίαν του Γκόγια, ορθόν πλάι σε μακριά σπαθιά και σε στολές σχισμένες, να λέει με μια βραχνή φωνή τα παρακάτου λόγια : "Ετούτο το μαχαίρι, εδώ, που θέλεις ν' αγοράσεις με ιστορίες αλλόκοτες ο θρύλος το 'χει ζώσει, κι όλοι το ξέρουν, πως αυτοί που κάποια φορά το 'χαν, καθένας κάποιον άνθρωπο δικό του έχει σκοτώσει. Ο Δον Μπαζίλιο...
Houle Côte aplatie, soleil de feu, palmiers. Autour du mât l'oiseau fait des figures. Appels de deux bras noirs, pleins de griffures, par tous les maux tropicaux anémiés. Pavillon jaune, en signe d'avarie. Ancres d'arrière et puis d'avant à l'eau. Deux feux de nuit. Et mon Pisanello décoloré par les intempéries. Houle, tu vas nous culbuter bientôt. Ciment rouillé. Tout pourrit dans la flotte. Depuis longtemps, notre requin-pilote s'est assoupi à côté du bateau. Le perroquet haut perché nous dirige, qui de Colomb occupa le paddock. Depuis des mois je veux lever le loch, j'attends, j'attends la terre...
Marée Aldébaran cherche dans l'eau à Sumatra le vieux compas menteur qui du chemin s'écarte. On voyait galoper sur les lignes des cartes les chevaux de Chagall au cirque de Seurat. Boussole sénile – ataxie locomotrice. Et ton ancien sifflet, de ton souffle imprégné. Dans la timonerie tous trois vous attendiez l'étoile que devait délier la pythonisse. Australes, boréales, étoiles en ribote épousant des comètes rouges, l'air fringant. Sodomites soutiers, natifs de Mazagan, jouant la fille de Ramsès à la belote. Notre Sirène en bois que tous nous adorions a plongé, respirant d'une façon cocasse. Elle...
Armide (le rafiot du Captain Jimmy) Le rafiot du Captain Jimmy que vous prendrez aussi sans doute a du haschich au fond des soutes et ses feux à l’envers sont mis. Cela fait des mois qu’on dérive, et si le temps nous aide encor nous aurons tout fumé à bord avant qu’au Pérou l’on n’arrive. On approche à présent le seuil d’une mer aux algues bizarres. Un vieux soleil nous fixe, hilare, et parfois nous cligne de l’œil. Cale vidée. On se demande : mille tonnes en cavale – où ? Au Chili, là-bas, nous attendent pipes vides et gabelous. Oubliée l’Étoile du Nord. Ancres larguées dans la nature. Douze sirènes...
ESMERALDA À Yòrgos Sefèris Tu l'abreuvas du vin de Midas jusqu'à l'aube, tandis que le berçait le phare aux trois éclairs. Le maître d'équipage, un anneau dans le lobe; au loin, le port de Sousse obscur, et le désert. Aux premières lueurs le noyé t'étreignit ; la cloche à ton réveil saluera ta noyade. À la moindre caresse un nœud de sang jaillit des traces qu'a laissé l'ancienne estafilade. Le perroquet t'a dit son ultime « bye, bye », le soutier dans sa cale à l'instant s'exclama, Ton vieux couteau rouillé, fous-le donc à la baille, et va-t-en toute seule te pendre au grand-mât! L'hélice écrit...
UN CHAUFFEUR NOIR DE DJIBOUTI Le chauffeur noir de Djibouti, nommé Willy, son boulot terminé, passait souvent, hilare, me voir dans ma cabine, et assis sur mon lit, me racontait sans fin de troublantes histoires. Il me parlait d'Alger, de ses fumeurs de kif, d'Aden où les danseurs humaient la poudre blanche, puis de leurs cris d'effroi, des longs discours plaintifs quand vertige et visions en eux soudain s'épanchent. Il racontait aussi cette nuit de ribote où il vit, chevauchant sur l'eau... lui-même, Will, des sirènes ailées le suivant à la botte. — Aden, ça te plaira, tu verras, disait-il. Je...
LES CHATS DES CARGOS Les marins des cargos toujours ont une chatte aimée — allez savoir pourquoi — d'un tendre amour, qui accourt fièrement se frotter à leurs pattes quand leur quart achevé, ils rentrent, las et lourds. Le soir, lorsque la mer fouette sans fin la tôle et redouble d'efforts pour briser les boulons, dans le silence du gaillard d'avant, leur geôle, en vraie femme, elle rend pour eux le temps moins long. Fière, indolente, elle a de sa race les traits, ses yeux gris sont zébrés de lueurs électriques, et tout en lui flattant l'échine, on la croirait parcourue longuement d'un lent spasme...