Course (Pilala), un court-métrage de Théo Papadoulakis * Πιλάλα
Victorieuse ! Voici un joli conte en court-métrage du réalisateur grec Thodoris Papadoulakis (Θοδωρής Παπαδουλάκης), Course ( Πιλάλα, Pilala). Le quotidien d'un garçon de 12 ans, Adipas, révèle peut-être un nouveau mythe : celui du secret des victoires des grands coureurs olympiques grecs. Un certain suspens parcourt le film et chaque micro-événement est symbolique. L'enfant Adipas est le Rocky grec des villages. Le film est sorti en 2004, l'année des jeux olympiques à Athènes. Il dure environ 18 minutes, avec des sous-titres en anglais (laisser charger la video quelques minutes avant de la voir)...
Je voulais juste dire : Théo Angelopoulos est mort tué par un flic en moto (vous le savez déjà). J'en ai marre de pleurer sur la Grèce. Alors je relis Ritsos : Ne pleure pas sur la Grèce, - quand on croit qu’elle va fléchir, Le couteau contre l’os et la corde au cou, La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec le trident du soleil. (traduction de D. Grandmont, voir le texte original ici). Video : reporteronlive Partout dans le monde.... Biographie de Theo Angelopoulos (27/04/1935-24/01/2012) en français sur wikipedia et Comme au cinéma. Yannis Ritsos sur...
Un très grand cinéaste vient de disparaître, hier 25 juillet : Cacoyannis. Ses œuvres les plus connues sont Zorba le Grec avec Anthony Quinn, La Cerisaie avec Charlotte Rampling (1999), Iphigénie avec Irène Papas (1977), Stella avec Mélina Mercouri (1955). Il a su illustrer le tragédie grecque au cinéma (Electre, Iphigénie, Les Troyennes, et Stella - un mythe moderne). D'origine chypriote, il avait réalisé un documentaire sur la guerre civile lors de l'invasion de l'île par les Turcs : Attila 74 (1975). Michalis Cacoyannis était également metteur en scène de théâtre. Il vivait dans le quartier...
La tante de Chicago * Η θεία απ’το Σικάγο (cinéma grec, 1957)
L’année dernière, en me promenant sur Panepistimiou à Athènes (l’une des grandes artères de la ville) je me suis arrêtée pour glaner dans les bacs de quelque disquaire des dvd pas chers et légers à transporter. J’ai remarqué un visage de caractère qui apparaissait sur plusieurs jaquettes, avec un profil de Karaghiozis, celui d'une actrice grecque des années 50, Georgia Vassiliadou. J’ai découvert l’actrice dans La tante de Chicago ( Η θεία απ ’ το Σικάγο , 1957, d’Alekos Sakellarios). Synopsis Un père de famille impose à sa femme et ses quatre filles des règles de vie rigoureuses, en ne leur laissant...
Τη ρωμιοσύνη μην την κλαις εκεί που πάει να σκύψει με το σουγιά στο κόκκαλο με το λουρί στο σβέρκο Νάτη πετιέται απο ξαρχής κι αντριεύει και θεριεύει και καμακώνει το θεριό με το καμάκι του ήλιου Ne pleure pas sur la Grèce, - quand on croit qu’elle va fléchir, Le couteau contre l’os et la corde au cou, La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec le trident du soleil. Απο Δεκαοχτώ λιανοτράγουδα της μικρής πατρίδας, 1973 Traduction de Dominique Grandmont, dans Le mur dans le miroir et autres poèmes, Gallimard. Autres traductions : http://www.stixoi.info/ Guy...
Yannis Ritsos (Γιάννης Ρίτσος, 1909-1990), grand poète grec, rend ici hommage à la France à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Lettre à la France Notre sœur la France, notre sœur bien-aimée la France, nous t’écrivons rapidement deux mots sur le genou, deux mots tout simples comme notre amour, Comme sont le pain, la lumière, le sel et notre cœur. Tout simples. Cela ne nous irait pas devant toi de porter nos cravates, nous avons chemise et poitrine déboutonnées, nous avons notre orgueil déboutonné de haut en bas, et notre rêve est déchiré, seul dans le vent, et notre âme n’est pas rasée de la...
Angela Melitopoulos : « Transfer » (et autres mouvements)
C'est au musée K21 de Düsseldorf (exposition Big Picture II) que j'ai découvert Angela Melitopoulos, avec une vidéo réalisée dans le métro parisien en 1991. Le bruit intra-utérin du métro parisien. Des instants rapides étirés sur cette b ande sonore, des images du quotidien du monde souterrain où la foule s'agite lentement, enfermée. Vie-violence, en suspension. Morbidité, visages en pointillés, des solitudes attendent, des signaux leur indiquent une sortie qu'ils ne prendront jamais: on ne se sort pas comme ça d'un cauchemar intégré, ni de l'Enfer d'un cocon brodé de publicités. La video est visible...
Corps nu Je tâte les angles de la nuit - ton coude, ton genou, ton menton. Des pierres dégringolent. Aucun bruit. Où es-tu ? La montagne entre dans la maison, s'assied sur mes genoux. Le jour fume. Le vent c'est encore le tien. Plus au loin rien. Viennent de plus longues nuits. Des plantes carnivores enveloppent la maison, enveloppent le lit. Tes lèvres absentes m'aspirent. Au centre du vers toi et toi. Ta respiration envahit tous les mots, tout le silence. Chacun de tes gestes a laissé sur la table, dans le placard, sous l'oreiller, une petite boîte à musique. J'écoute seul. Toute la nuit ton...
La Grécité (Ρωμιοσύνη, Romiosini, en grec) dans le dictionnaire français, est définie comme le « caractère de qui est Grec ». Avec Yannis Ritsos le terme « Romiosini » prend une autre dimension : c’est le chant de la souffrance des Grecs, celui de leur Résistance. Yannis Ritsos a écrit ce long poème à la fin de la Deuxième guerre mondiale (précisément entre 1945 et 1947 à Athènes), après la chute de la dictature de Metaxas (1941) mais il a été publié seulement en 1954. En voici un extrait (traduit par Jacques Lacarrière) , le premier poème de ce recueil (I). À la fin du texte, vous trouverez deux...
Yannis Ritsos : Petite suite en rouge majeur * Μικρή σουΐτα σέ κόκκινο μεῖζον
Voici un extrait des poèmes de Yannis Ritsos, Petite suite en rouge majeur - Μικρή σουΐτα σέ κόκκινο μεῖζον, in Τά Ἐρωτικά (1981) . Cette "suite" est consitutée de p lusieurs poèmes et appartient au recueil Erotika, publié en 1981. Ces extraits sont Traduits du Grec par Dominique Grandmont, in Le mur dans le miroir et autres poèmes, Gallimard, 2006. Α φιλήδονα βράδια το φεγγάρι στην κάμαρα το φεγγάρι στο κρεβάτι στο γυμνό σώμα – κάτω στο υπόγειο οι σιδερένιοι χτύποι ο σιδεράς καρφώνει τα χρυσά πέταλα στο λευκόν ίππο το φτερωτό κι ούτε που νοιάζεσαι έτσι με τα βαριά του πέταλα αν θα ξαναπετάξει....