Le port menace ruine Le port menace ruine, je ne peux plus attendre L'ami qui est parti pour l'île aux pins, Ni l'ami qui est parti pour l'île aux platanes Ni l'ami parti pour le large. Je caresse les canons rouillés, je caresse les rames Pour que mon corps revive et se décide. Les voiles n'exhalent plus maintenant que l'odeur Du sel de l'autre tempête. Si j'ai voulu être seul, j'ai cherché La solitude, je n'ai recherché cette attente, Cet émiettement de l'âme à l'horizon, Ces couleurs, ces lignes, ce silence. Les étoiles de la nuit me ramènent à Ulysse Attendant les morts parmi les asphodèles....
Hélène (…) J'ai passé ma vie à entendre des noms inconnus : Pays nouveaux, nouvelles folies des dieux Ou des hommes ; mon destin qui ondoie Entre l'épée ultime d'un Ajax et une autre Salamine M'a conduit jusqu'ici, sur cette rive. (...) Ελένη (…) Έζησα τη ζωή μου ακούγοντας ονόματα πρωτάκουστα. Καινούργιους τόπους, καινούργιες τρέλες των ανθρώπων ή των θεών. Η μοίρα μου που κυματίζει ανάμεσα στο στερνό σπαθί ενός Αίαντα και μιαν άλλη Σαλαμίνα, μ' έφερε εδώ σ' αυτό το γυρογιάλι. (...) [dit par Alexis Kostalas] Une grande douleur s'est abattue sur la Grèce. Tant de corps jetés Dans les mâchoires...
Ce poème de Kostas Karyotakis (Κώστας Καρυωτάκης, 1896-1928) est issu du recueil Elégies et Satires (Ελεγεία και Σάτιρες, 1928). En 1982 (la date a-t-elle été choisie à dessein?) 13 poèmes de Karyotakis deviennent 13 chansons grâce à la mise en musique de Lena Platonos (Λένα Πλάτωνος). L'album était prêt avant 1980 à travers la diffusion radiophonique d'une série de chansons (Ποιητικά Πεντάλεπτα:Poétique en cinq minutes). Pourtant sa production n'a pas été facile. Savina Yannatou (Σαβίνα Γιαννάτου) les interprète d'une voix très sensible, à la fois délicate et profonde. Βράδυ Τα παιδάκια που παίζουν...
Chanté par l'une des plus grandes figures du rock grec Vasilis Papaconstantinou, ce célèbre poème de Kostas Karyotakis a été mis en musique par Yannis Glezos (Γιάννης Γλέζος). Sang by the big star of greek rock Vasilis Papaconstantinou, this famous poem of Kostas Karyotakis sets to the music of Yannis Glezos (Γιάννης Γλέζος). Vasilis Papaconstantinou (Βασίλης Παπακωνσταντίνου) au théâtre d'Hérode à Athènes (2005) chante "Preveza" de Kostas Karyotakis. Video: gkav v ΠΡΕΒΕΖΑ Θάνατος είναι οι κάργες που χτυπιούνται στους μαύρους τοίχους και τα κεραμύδια, θάνατος οι γυναίκες, που αγαπιούνται καθώς...
Le groupe de rock Υπόγεια Ρεύματα (Ypoyeia Revmata = courants souterrains) interprète ici le poème de Kostas Karyotakis. Musique : Ypoyeia Revmata Μουσική και πρώτη εκτέλεση: Υπόγεια Ρεύματα video : Atartee Ανδρείκελα Σαν να μην ήρθαμε ποτέ σ' αυτήν εδώ τη γη. Σαν να μένουμε ακόμα στην ανυπαρξία. Σκοτάδι γύρω κι ούτε μια μαρμαρυγή. άνθρωποι στων άλλων τη φαντασία. Από χαρτί πλασμένα κι από δισταγμό ανδρείκελα στης μοίρας τα τυφλά δυο χέρια, χορεύουμε, δεχόμαστε τον εμπαιγμό, άτονα, κοιτώντας παθητικά τ' αστέρια. Μακρινή τώρα είναι για μας η κάθε χαρά. Η ελπίδα και η νιότη έννοια αφηρημένη. άλλος...
Kostas Karyotakis (Κώστας Καρυωτάκης, 1896-1928) "poète grec du désespoir", a voulu se battre contre la médiocrité. Il s'est finalement donné la mort. Certains de ses poèmes ont été réassortis par la musique de l'étonnante et très créative Lena Platonos, dont l'univers musical est très personnel, unique. La voix pure et délicate de Savina Yannatou vient sensiblement envelopper et développer cet air poétique (musique : Lena Platonos). C'est très court. C'est très beau. Kostas Karyotakis (Κώστας Καρυωτάκης, 1896-1928), "greek poet of the despair", wanted to fight mediocrity. He finally committed...
Strella de Panos H. Koutras (2009), une histoire de famille
Dans l’antiquité grecque, les tragédies étaient interprétées uniquement par des hommes, y compris les personnages féminins. C’est pourquoi on aurait tort de penser que Strella est juste un film sur le transgenre, puisqu’il n’en parle pas vraiment. C’est un film sans femme avec des personnages féminins interprétés par des hommes. Yorgos sort de prison - il avait tué son neveu parce qu'il couchait avec son fils - et part à la recherche de ce dernier. Il rencontre dans un hôtel miteux d’Athènes un transsexuel, Stella, surnommée St r ella par ses amis qui la trouvent un peu folle (τρέλα, trela : folie,...
Sommeil Nous fera-t-il cette grâce, le destin, de nous laisser enfin mourir – au bord du pays de nos pères ? Nous dormirons, heureux comme de petits enfants... Et fuiront au-dessus de nous, dans le ciel, les étoiles, et toutes choses de ce monde. Comme un rêve, la mer viendra nous caresser et comme la mer, notre rêve nous conduira dans des pays qui n'existent pas. Amours sera le vent dans nos cheveux, et tout sentira bon la respiration des algues. Sous nos larges paupières, sans même l'entendre, nous rirons. Et les roses quitteront les haies pour nous faire un doux oreiller et les rossignols, un...
Michalios Le bon Michalios, un jour, s'en fut soldat, tout beau, tout brave, avec Maris et Panayotis. Même l'« Arme à l'épaule », il ne put rien apprendre, et murmurait toujours : « Monsieur le Caporal, s'il te plaît, laisse-moi retourner au pays... » L'année d'après, à l'hôpital, il fixait le ciel, en silence... son regard doux et nostalgique arrêté très loin, quelque part, comme pour dire, pour supplier : « Laissez-moi retourner chez moi... » Michalios mourut soldat, Trois caporaux l'accompagnèrent, et Maris, et Panayotis. On recouvrit sa fosse, mais on lui laissa les pieds dehors – c'est qu'il...
Un poème de Kostas Karyotakis qui peut rappeler Le Dormeur du Val d'Arthur Rimbaud... Diakos Matin d'avril Jubilait dans la vallée Habillée de vert tendre La nature balbutiait Ses premières fleurs Embrassée par un soleil d'ambre Les oiseaux chantaient En voltigeant un peu plus haut Resplendissait le printemps Et lui, embarrassé, a dit : « Comment mourir ? » Διάκος Μέρα τ᾿ Ἀπρίλη. Πράσινο λάμπος, γελοῦσε ὁ κάμπος μὲ τὸ τριφύλλι. Ὡς τὴν ἐφίλει τὸ πρωινὸ θάμπος, ἡ φύση σάμπως γλυκὰ νὰ ὁμίλει. Ἐκελαδοῦσαν πουλιά, πετώντας ὅλο πιὸ πάνω. Τ᾿ ἄνθη εὐωδιοῦσαν. Κι εἶπε ἀπορώντας: « Πῶς νὰ πεθάνω ; » Élégies...