Bernard Lavilliers, Adamo, Christophe et Anne-Catherine Gillet se retrouvent donc dans ce disque intitulé Les anges vivent encore en Méditerranée ( Οι Άγγελοι ζουν ακόμη στη Μεσόγειο ). Produit par Chronos Art, l'album est sorti en avril 2012. Pour fêter ça, un concert aura lieu à Athènes le 9 juillet 2012 au stade de Kallimarmaro (Panathinaïko) avec certains musiciens qui ont participé au disque (dont Lavilliers, Adamo et Christophe). Lavrentis Machairitsas (Λαυρέντης Μαχαιρίτσας) chante en duo avec Bernard Lavilliers Je suis marin (paroles et musique de Bernard Lavilliers) : Video : noiretblanc66...
C'est moi que j'vis à saint Malo Avec mon homme Il a rien qu'un petit bateau Mais c'est mon homme L'matin il s'en va à la pêche A la daurade Moi, j'répare ses filets de pêche Et j'reste en rade Mais quand j'm'ennuie J'lis les journaux Et c'qu'y'a écrit Des fois c'est beau Et si qu'j'avais marié un Grec J'm'en irais aussi en croisière J'aurais des robes et des kopecks Et puis jamais le mal de mer Et si qu'j'avais marié un Grec Je connaîtrais aussi la gloire Je m'offrirais un carnet d'chèques Avec quoi on paye le caviar Mais j'suis toujours à Saint-Malo Même en Octobre Saint-Malo, ça vaut pas Scorpio...
Houle Côte aplatie, soleil de feu, palmiers. Autour du mât l'oiseau fait des figures. Appels de deux bras noirs, pleins de griffures, par tous les maux tropicaux anémiés. Pavillon jaune, en signe d'avarie. Ancres d'arrière et puis d'avant à l'eau. Deux feux de nuit. Et mon Pisanello décoloré par les intempéries. Houle, tu vas nous culbuter bientôt. Ciment rouillé. Tout pourrit dans la flotte. Depuis longtemps, notre requin-pilote s'est assoupi à côté du bateau. Le perroquet haut perché nous dirige, qui de Colomb occupa le paddock. Depuis des mois je veux lever le loch, j'attends, j'attends la terre...
Marée Aldébaran cherche dans l'eau à Sumatra le vieux compas menteur qui du chemin s'écarte. On voyait galoper sur les lignes des cartes les chevaux de Chagall au cirque de Seurat. Boussole sénile – ataxie locomotrice. Et ton ancien sifflet, de ton souffle imprégné. Dans la timonerie tous trois vous attendiez l'étoile que devait délier la pythonisse. Australes, boréales, étoiles en ribote épousant des comètes rouges, l'air fringant. Sodomites soutiers, natifs de Mazagan, jouant la fille de Ramsès à la belote. Notre Sirène en bois que tous nous adorions a plongé, respirant d'une façon cocasse. Elle...
Armide (le rafiot du Captain Jimmy) Le rafiot du Captain Jimmy que vous prendrez aussi sans doute a du haschich au fond des soutes et ses feux à l’envers sont mis. Cela fait des mois qu’on dérive, et si le temps nous aide encor nous aurons tout fumé à bord avant qu’au Pérou l’on n’arrive. On approche à présent le seuil d’une mer aux algues bizarres. Un vieux soleil nous fixe, hilare, et parfois nous cligne de l’œil. Cale vidée. On se demande : mille tonnes en cavale – où ? Au Chili, là-bas, nous attendent pipes vides et gabelous. Oubliée l’Étoile du Nord. Ancres larguées dans la nature. Douze sirènes...
Joe Dassin et Mélina Mercouri ont enregistré une chanson ensemble en 1977, en voici la version originale avec les paroles et la traduction française (paroles originales de Yorgos Chronas et musique de Yannis Markopoulos) : MELINA MERCOURI & JOE DASSIN par modinelly Sur Youtube : Vidéo : Elena Ylyutina Όχι δεν πρέπει να συναντηθούμε Όχι δεν πρέπει, δεν πρέπει να συναντηθούμε πριν απ΄ τη Δύση του ήλιου στο δάσος με τις άδειες κονσέρβες απέναντι στη Σαλαμίνα, στη Βηρυτό και στην Οστια. Όχι δεν πρέπει, δεν πρέπει να συναντηθούμε πριν απ΄ τη δύση του ήλιου στην κάμαρα που παίζουν πρέφα στην κάμαρα που...
ESMERALDA À Yòrgos Sefèris Tu l'abreuvas du vin de Midas jusqu'à l'aube, tandis que le berçait le phare aux trois éclairs. Le maître d'équipage, un anneau dans le lobe; au loin, le port de Sousse obscur, et le désert. Aux premières lueurs le noyé t'étreignit ; la cloche à ton réveil saluera ta noyade. À la moindre caresse un nœud de sang jaillit des traces qu'a laissé l'ancienne estafilade. Le perroquet t'a dit son ultime « bye, bye », le soutier dans sa cale à l'instant s'exclama, Ton vieux couteau rouillé, fous-le donc à la baille, et va-t-en toute seule te pendre au grand-mât! L'hélice écrit...
UN CHAUFFEUR NOIR DE DJIBOUTI Le chauffeur noir de Djibouti, nommé Willy, son boulot terminé, passait souvent, hilare, me voir dans ma cabine, et assis sur mon lit, me racontait sans fin de troublantes histoires. Il me parlait d'Alger, de ses fumeurs de kif, d'Aden où les danseurs humaient la poudre blanche, puis de leurs cris d'effroi, des longs discours plaintifs quand vertige et visions en eux soudain s'épanchent. Il racontait aussi cette nuit de ribote où il vit, chevauchant sur l'eau... lui-même, Will, des sirènes ailées le suivant à la botte. — Aden, ça te plaira, tu verras, disait-il. Je...
LES CHATS DES CARGOS Les marins des cargos toujours ont une chatte aimée — allez savoir pourquoi — d'un tendre amour, qui accourt fièrement se frotter à leurs pattes quand leur quart achevé, ils rentrent, las et lourds. Le soir, lorsque la mer fouette sans fin la tôle et redouble d'efforts pour briser les boulons, dans le silence du gaillard d'avant, leur geôle, en vraie femme, elle rend pour eux le temps moins long. Fière, indolente, elle a de sa race les traits, ses yeux gris sont zébrés de lueurs électriques, et tout en lui flattant l'échine, on la croirait parcourue longuement d'un lent spasme...
À Theano Souna Ma liturgie à moi, mon saint breuvage, c'est l'eau de mer qui goutte de ton corps, dans une coupe où, avant l'abordage, communiaient les corsaires, à Mogador. L'huître océane épouse la lumière. Goût âcre : coing, peau de grenade, noix, et la teinte secrète, plus amère ornant les vases des Carthaginois. Voile de cuir, odeurs mêlées de cire, d'encens, de cèdre et de vernis ancien, comme en la cale d'un très vieux navire de l'Euphrate ou de chez les Phéniciens. Une herbe blonde a couvert le trépied pythique. Un flot de poix fondue, bouillante, vient inonder sans trêve ni pitié tous...