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Angela Melitopoulos : « Transfer » (et autres mouvements)

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Angela Melitopoulos : « Transfer » (et autres mouvements)
Angela Melitopoulos : « Transfer » (et autres mouvements)

C'est au musée K21 de Düsseldorf (exposition Big Picture II) que j'ai découvert Angela Melitopoulos, avec une vidéo réalisée dans le métro parisien en 1991. Le bruit intra-utérin du métro parisien. Des instants rapides étirés sur cette b ande sonore, des images du quotidien du monde souterrain où la foule s'agite lentement, enfermée. Vie-violence, en suspension. Morbidité, visages en pointillés, des solitudes attendent, des signaux leur indiquent une sortie qu'ils ne prendront jamais: on ne se sort pas comme ça d'un cauchemar intégré, ni de l'Enfer d'un cocon brodé de publicités. La video est visible...

Yannis Ritsos : Lettre à la France

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Yannis Ritsos : Lettre à la France
Yannis Ritsos : Lettre à la France

Yannis Ritsos (Γιάννης Ρίτσος, 1909-1990), grand poète grec, rend ici hommage à la France à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Lettre à la France Notre sœur la France, notre sœur bien-aimée la France, nous t’écrivons rapidement deux mots sur le genou, deux mots tout simples comme notre amour, Comme sont le pain, la lumière, le sel et notre cœur. Tout simples. Cela ne nous irait pas devant toi de porter nos cravates, nous avons chemise et poitrine déboutonnées, nous avons notre orgueil déboutonné de haut en bas, et notre rêve est déchiré, seul dans le vent, et notre âme n’est pas rasée de la...

Yannis Ritsos : Ne pleure pas sur la Grèce *Τη ρωμιοσύνη μην την κλαις

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Τη ρωμιοσύνη μην την κλαις εκεί που πάει να σκύψει με το σουγιά στο κόκκαλο με το λουρί στο σβέρκο Νάτη πετιέται απο ξαρχής κι αντριεύει και θεριεύει και καμακώνει το θεριό με το καμάκι του ήλιου Ne pleure pas sur la Grèce, - quand on croit qu’elle va fléchir, Le couteau contre l’os et la corde au cou, La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec le trident du soleil. Απο Δεκαοχτώ λιανοτράγουδα της μικρής πατρίδας, 1973 Traduction de Dominique Grandmont, dans Le mur dans le miroir et autres poèmes, Gallimard. Autres traductions : http://www.stixoi.info/ Guy...

Yannis Ritsos : Théâtre antique * Αρχαίο θεάτρο

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Yannis Ritsos : Théâtre antique * Αρχαίο θεάτρο
Yannis Ritsos : Théâtre antique * Αρχαίο θεάτρο

THEATRE ANTIQUE Lorsque, vers midi, il se retrouva au centre du théâtre antique, lui, Grec et nonchalant, aussi beau que ceux-là l’étaient, il poussa un cri – non d’admiration, un sentiment tel, il ne le ressentait pas ou, s’il le ressentait, il ne l’aurait sûrement pas manifesté – simplement un cri, peut-être de l’allégresse indomptable de sa jeunesse ou pour éprouver la sonorité du lieu. En face, tout en haut des montagnes verticales, l’écho répondit – cet écho grec qui n’imite ni ne répète, mais continue seulement à une hauteur démesurée, l' éternelle clameur du dithyrambe. ΑΡΧΑΙΟ ΘΕΑΤΡΟ Όταν,...

Yannis Ritsos : Petite suite en rouge majeur * Μικρή σουΐτα σέ κόκκινο μεῖζον

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Yannis Ritsos : Petite suite en rouge majeur * Μικρή σουΐτα σέ κόκκινο μεῖζον
Yannis Ritsos : Petite suite en rouge majeur * Μικρή σουΐτα σέ κόκκινο μεῖζον

Voici un extrait des poèmes de Yannis Ritsos, Petite suite en rouge majeur - Μικρή σουΐτα σέ κόκκινο μεῖζον, in Τά Ἐρωτικά (1981) . Cette "suite" est consitutée de p lusieurs poèmes et appartient au recueil Erotika, publié en 1981. Ces extraits sont Traduits du Grec par Dominique Grandmont, in Le mur dans le miroir et autres poèmes, Gallimard, 2006. Α φιλήδονα βράδια το φεγγάρι στην κάμαρα το φεγγάρι στο κρεβάτι στο γυμνό σώμα – κάτω στο υπόγειο οι σιδερένιοι χτύποι ο σιδεράς καρφώνει τα χρυσά πέταλα στο λευκόν ίππο το φτερωτό κι ούτε που νοιάζεσαι έτσι με τα βαριά του πέταλα αν θα ξαναπετάξει....

Yannis Ritsos : Grécité * Ρωμιοσύνη -Romiosini (extrait)

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La Grécité (Ρωμιοσύνη, Romiosini, en grec) dans le dictionnaire français, est définie comme le « caractère de qui est Grec ». Avec Yannis Ritsos le terme « Romiosini » prend une autre dimension : c’est le chant de la souffrance des Grecs, celui de leur Résistance. Yannis Ritsos a écrit ce long poème à la fin de la Deuxième guerre mondiale (précisément entre 1945 et 1947 à Athènes), après la chute de la dictature de Metaxas (1941) mais il a été publié seulement en 1954. En voici un extrait (traduit par Jacques Lacarrière) , le premier poème de ce recueil (I). À la fin du texte, vous trouverez deux...

Yannis Ritsos : Corps nu (extraits) * Γυμνό σῶμα

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Corps nu Je tâte les angles de la nuit - ton coude, ton genou, ton menton. Des pierres dégringolent. Aucun bruit. Où es-tu ? La montagne entre dans la maison, s'assied sur mes genoux. Le jour fume. Le vent c'est encore le tien. Plus au loin rien. Viennent de plus longues nuits. Des plantes carnivores enveloppent la maison, enveloppent le lit. Tes lèvres absentes m'aspirent. Au centre du vers toi et toi. Ta respiration envahit tous les mots, tout le silence. Chacun de tes gestes a laissé sur la table, dans le placard, sous l'oreiller, une petite boîte à musique. J'écoute seul. Toute la nuit ton...

Yannis Ritsos: Le cirque fermé

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Le premier mois, ils interdirent la circulation et les spectacles. Aucun bateau ne parut. Le cirque fermé, bien sûr, en souffrait plus que nous tous. Un jour, les deux petits clowns sortirent, dans des habits encore plus larges, tout en losanges, en losanges multicolores, avec leur nez enfariné et des larmes maquillées; ils donnaient leur spectacle en pleine rue, et ramassaient la monnaie dans le tambourin; pourtant personne ne riait. C'est alors qu'eux pleuraient vraiment, et ils effaçaient leurs larmes maquillées, en se barbouillant le visage. Un soir, ils furent arrêtés et, les mains liées,...

Yannis Ritsos : Notre pays * ο τόπος μας

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NOTRE PAYS Nous sommes allés sur la colline pour voir notre pays- quelques pauvres terrains, des pierres, des oliviers. Des vignes qui descendent le long de la mer. Près de la charrue, fume un petit feu. Les habits du grand-père, nous en avons fait un épouvantail pour les corneilles Nos journées s'en vont leur chemin pour un peu de pain et beaucoup de lumière. Sous les peupliers brille un chapeau de paille. L'oiseau sur la clôture. La vache dans le jaune. Comment se fait-il que d'une main de pierre nous ayons pu aménager nos maisons, notre vie ? Sur les chambranles de nos portes, il y a encore...

Yannis Ritsos : Le secret du clown

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Le secret du clown Sur les collines, les chapelles vides. En bas, dans le pré, les bœufs, les chevaux, les vignes. Le ciel immobile au milieu des nuages qui changent. Une tache noire, immobile sur le mur, - plus noire dans le miroir. Lui, la gratte avec ses ongles – ses ongles sont mangés. Alors il prend de la peinture et peint le mur en or. Comme par erreur, il se donne un coup de pinceau sur le nez, sur les joues. Tout doré maintenant, il se regarde dans le miroir. Il rit – ses yeux se ferment- ce clown perpétuel (comme nous l'appelons) de la mort, qui cache dans sa poche trois grands clous rouillés....