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Cavafis : Le miroir dans le vestibule * Ὁ καθρέφτης στὴν εἴσοδο

dornac

Le miroir dans le vestibule Cette riche demeure recélait dans son vestibule un immense miroir, très ancien ; acheté au moins quatre-vingts ans plus tôt. Un superbe garçon, commis chez un tailleur (le dimanche, athlète amateur), se trouvait là, avec un paquet. Il le remit à quelqu'un de la maison, qui l'emporta à l'intérieur pour aller chercher le reçu. Le garçon tailleur, resté seul, attendit. Il s'approcha du miroir et s'y regarda, puis arrangea sa cravate. Au bout de cinq minutes, on lui amena le reçu. Il le prit et s'en alla. Mais le vieux miroir qui en avait tant vu, au cours des années de...

Constantin Cavafis : Désirs * Επιθυμίες

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Désirs Beaux comme des morts qui n'ont point vieilli, enfermés au milieu des larmes dans un mausolée splendide, le front ceint de roses et jasmins aux pieds — tels sont les désirs qui nous ont quittés sans s'être accomplis ; sans qu'aucun n'atteigne à une nuit de volupté ou à son lumineux matin. 1904 Επιθυμίες Σαν σώματα ωραία νεκρών που δεν εγέρασαν και τάκλεισαν, με δάκρυα, σε μαυσωλείο λαμπρό, με ρόδα στο κεφάλι και στα πόδια γιασεμιά — έτσ’ η επιθυμίες μοιάζουν που επέρασαν χωρίς να εκπληρωθούν· χωρίς ν’ αξιωθεί καμιά της ηδονής μια νύχτα, ή ένα πρωί της φεγγερό. 1904 Traduction de Dominique...

Constantin Cavafis : Jours de 1903 * Μέρες του 1903

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Constantin Cavafis : Jours de 1903 * Μέρες του 1903
Constantin Cavafis : Jours de 1903 * Μέρες του 1903

Jours de 1903 Je ne les ai plus retrouvés- eux que j'aurai si vite perdus... les yeux pleins de poésie, la pâleur du visage... dans la nuit qui gagnait la rue... Je ne les ai plus retrouvés- eux que le hasard seul m'a donnés, et dont je me suis si facilement détaché ; pour les désirer ensuite avec angoisse. Les yeux pleins de poésie, cette pâleur du visage, ces lèvres-là, je ne les ai plus retrouvées... (1917) Μέρες του 1903 Δεν τα ηύρα πια ξανά - τα τόσο γρήγορα χαμένα.... τα ποιητικά τα μάτια, το χλωμό το πρόσωπο.... στο νύχτωμα του δρόμου.... Δεν τα ηύρα πια - τ' αποκτηθέντα κατά τύχην όλως,...

Constantin Cavafis : Une demi-heure * Μισή Ώρα

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Une demi-heure Je n’ai pas réussi à te plaire, et je ne pense pas y arriver jamais. Quelques mots, une approche comme avant-hier au bar, et rien de plus. Que ce soit triste, je ne dis pas. Mais nous autres artistes, à force de concentration, et bien entendu pour un court laps de temps, il nous arrive d’éprouver un plaisir qui a presque l’apparence de la réalité. C’est ainsi qu’avant-hier au bar - la générosité de l’alcool y étant pour beaucoup - j’ai connu une demi-heure d’amour parfait. Et tu as dû comprendre, il me semble, puisque tu as fait exprès de t’attarder un peu. C’était une grande nécessité....

Constantin Cavafis : Reviens * Επέστρεφε

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Reviens Reviens souvent me prendre, sensation bien-aimée, reviens me prendre - quand la mémoire du corps se réveille, et qu'un désir ancien tressaille dans le sang ; quand les lèvres et la peau se souviennent, et que les mains ont de nouveau l'impression de toucher. Reviens souvent me prendre, la nuit, à l'heure où les lèvres et la peau se souviennent... Επέστρεφε Επέστρεφε συχνά και παίρνε με, αγαπημένη αίσθησις επέστρεφε και παίρνε με - όταν ξυπνά του σώματος η μνήμη, κ' επιθυμία παληά ξαναπερνά στο αίμα· όταν τα χείλη και το δέρμα ενθυμούνται, κ' αισθάνονται τα χέρια σαν ν' αγγίζουν πάλι. Επέστρεφε...

Constantin Cavafis : Murs * Τείχη

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Constantin Cavafis : Murs * Τείχη
Constantin Cavafis : Murs * Τείχη

Murs Sans égards, sans pitié, sans scrupule, ils ont élevé de hautes murailles autour de moi. Et maintenant, je ne fais rien ici que me désespérer. D'un tel destin la pensée m'obsède et me ronge ; car j'avais beaucoup de choses à faire dehors. Pendant qu'on bâtissait les murs, ah, que n'ai-je pris garde. Mais jamais je n'ai entendu le bruit des maçons ni leur voix. C'est à mon insu qu'ils m'ont enfermé hors du monde. Τείχη Χωρίς περίσκεψιν, χωρίς λύπην, χωρίς αιδώ μεγάλα κ' υψηλά τριγύρω μου έκτισαν τείχη. Και κάθομαι και απελπίζομαι τώρα εδώ. Άλλο δεν σκέπτομαι: τον νουν μου τρώγει αυτή η τύχη·...

Constantin Cavafis : C'est fini * Τελειωμένα

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C'est fini Dévorés de peur, assaillis de doutes, l'esprit tourmenté et les yeux pleins d'horreur, nous nous évertuons à chercher ce que nous pourrions faire pour écarter de nous le danger inéluctable dont l'imminence nous terrifie. Pourtant, nous nous trompons, ce n'est pas lui sur le chemin ; les renseignements étaient faux (ou nous les avons mal entendus, ou mal compris). Une autre catastrophe, que nous n'avions pas imaginée, fond subitement sur nous tel l'éclair et à l'improviste – trop tard, maintenant – nous emporte. Τελειωμένα Μέσα στον φόβο και στες υποψίες, με ταραγμένο νου και τρομαγμένα...

Constantin Cavafis : Cierges * Κεριά

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Constantin Cavafis : Cierges * Κεριά
Constantin Cavafis : Cierges * Κεριά

Cierges Les jours de l'avenir se dressent devant nous comme une file de petits cierges allumés - des petits cierges dorés, chauds et pleins de vie. Les jours passés restent en arrière, une triste rangée de cierges juste éteints ; les plus proches encore fumants, cierges froids, fondus et prostrés. Je ne veux pas les voir ; leur aspect m'afflige, comme il m'afflige de me rappeler leur éclat premier. Je regarde, vers l'avant, mes cierges allumés. Je ne veux pas me retourner pour constater avec horreur comme s'allonge vite l'obscure rangée, comme augmentent vite les cierges éteints. (1899) Kεριά Του...

Constantin Cavafis : L'épaule bandée * Ο Δεμένος Ώμος

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Constantin Cavafis : L'épaule bandée * Ο Δεμένος Ώμος
Constantin Cavafis : L'épaule bandée * Ο Δεμένος Ώμος

L'épaule bandée D'après lui, il se serait cogné au mur ou serait tombé. Mais il devait y avoir une autre raison à son épaule meurtrie et bandée. Un geste plutôt brusque qu'il a fait pour descendre d'une étagère certaines photographies qu'il voulait voir de près a dénoué le pansement et du sang s'est mis à couler. J'ai rebandé l'épaule, et ce faisant, je me suis attardé quelque peu ; car il n'avait pas mal, et cela me plaisait de voir le sang. C'était l'objet de mon amour, ce sang. Quand il fut parti, je trouvai devant la chaise un lambeau de pansement ensanglanté, un lambeau bon à jeter directement...

Eleftheria Arvanitaki, concert à Chalkida, 24 juillet 2009

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Eleftheria Arvanitaki, concert à Chalkida, 24 juillet 2009
Eleftheria Arvanitaki, concert à Chalkida, 24 juillet 2009

Eleftheria Arvanitaki, concert in Chalkida, 07/24 Eleftheria Arvanitaki a promené sa voix haute, pure et sensuelle dans le beau décor du château de Chalkida (Grèce). Sa présence sur scène est très forte. Alors que dans les interviews on a l’impression de voir une femme timide, fragile, avec une toute petite voix douce, elle est exactement à l’opposé sur scène : sa voix est puissante, belle, elle dégage une grande énergie, sillonnant la scène de part en part, projetant son corps comme tiré par sa voix vers la foule. Son regard n’oublie personne, et même à la distance éloignée où je me trouvais,...