Constantin Cavafis : La vitrine du bureau de tabac
Η προθήκη του καπνοπωλείου Κοντά σε μια κατάφωτη προθήκη καπνοπωλείου εστέκονταν, ανάμεσα σ’ άλλους πολλούς. Τυχαίως τα βλέμματά των συναντήθηκαν, και την παράνομην επιθυμία της σαρκός των εξέφρασαν δειλά, διστακτικά. Έπειτα, ολίγα βήματα στο πεζοδρόμιο ανήσυχα — ως που εμειδίασαν, κ’ ένευσαν ελαφρώς. Και τότε πια το αμάξι το κλεισμένο .... το αισθητικό πλησίασμα των σωμάτων· τα ενωμένα χέρια, τα ενωμένα χείλη. La vitrine du bureau de tabac Ils étaient là, près de la vitrine très éclairée d’un bureau de tabac, parmi beaucoup d’autres. Leurs regards se croisèrent par hasard, et le désir inavouable...
Constantin Cavafis (Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης : 1863-1933) a écrit ce poème en 1904. Voix Voix sublimes et bien-aimées de ceux qui sont morts, ou de ceux qui sont perdus pour nous comme s’ils étaient morts. Parfois, elles nous parlent en rêve ; parfois, dans la pensée, le cerveau les entend. Et avec elles résonnent, pour un instant, les accents de la première poésie de notre vie – comme une musique qui s’éteint, au loin, dans la nuit. Φωνές Ιδανικές φωνές κι αγαπημένες εκείνων που πέθαναν, ή εκείνων που είναι για μας χαμένοι σαν τους πεθαμένους. Κάποτε μες στα όνειρά μας ομιλούνε· κάποτε μες...
Ce poème de Constantin Cavafis a été écrit en 1913. Επήγα Δεν εδεσμεύθηκα. Τελείως αφέθηκα κ’ επήγα. Στες απολαύσεις, που μισό πραγματικές, μισό γυρνάμενες μες στο μυαλό μου ήσαν, επήγα μες στην φωτισμένη νύχτα. Κ’ ήπια από δυνατά κρασιά, καθώς που πίνουν οι ανδρείοι της ηδονής. Je suis parti Je n’ai pas voulu m’attacher. J’ai tout donné de moi, puis je suis parti. Vers des jouissances qui se sont avérées à demi réelles, en même temps que folles chimères de mon cerveau, Je suis parti dans la nuit illuminée. Et j’ai bu des vins âpres, comme savent En boire les hommes de plaisir. Από τα Ποιήματα...
À la volupté Délices et baume de ma vie ce souvenir des heures où j’ai pu trouver et garder la volupté comme je la voulais. Délices et baume de ma vie, à moi qui n’ai jamais supporté le plaisir des amours routinières. Ηδονή Χαρά και μύρο της ζωής μου η μνήμη των ωρών που ηύρα και που κράτηξα την ηδονή ως την ήθελα. Χαρά και μύρο της ζωής μου εμένα, που αποστράφηκα την κάθε απόλαυσιν ερώτων της ρουτίνας. Traduction de Dominique Grandmont, En attendant les barbares et autres poèmes, Gallimard. Κωνσταντίνος Π. Καβάφης,1917 To sensual pleasure Joy and balm of my life : the memory of the hours when...
Constantin Cavafis : J’ai tant contemplé * Ετσι πολύ ατένισα
J’ai tant contemplé J’ai tant contemplé la beauté que ma vue en est remplie. Lignes du corps. Lèvres empourprées. Membres voluptueux. Des cheveux pareils à ceux des statues grecques ; toujours beaux, même quand ils sont dépeignés, et qu’ils retombent à peine, sur la blancheur des fronts. Visages de l’amour, comme les voulait ma poésie… dans les nuits de ma jeunesse, dans mes nuits, secrètement rencontrés… Ετσι πολύ ατένισα Την εμορφιά έτσι πολύ ατένισα, που πλήρης είναι αυτής η όρασίς μου. Γραμμές του σώματος. Κόκκινα χείλη. Μέλη ηδονικά. Μαλλιά σαν από αγάλματα ελληνικά παρμένα· πάντα έμορφα,...
La table voisine Il doit avoir vingt-deux ans, pas plus. Et pourtant, j'en suis sûr, il y a presque le même nombre d'années, oui, j'ai possédé ce corps-là. Il ne s'agit nullement d'une exaspération du désir. Je viens, du reste, à peine d'entrer dans le casino ; je n'ai pas eu non plus le temps de beaucoup boire. Ce corps-là, moi, je l'ai connu. Et que je ne me rappelle pas où – cela n'y change rien. Ah, voilà, maintenant qu'il s'est assis à la table voisine, je reconnais ses moindres gestes – et sous les vêtements, je revois nus les membres bien-aimés. 1918 Το Διπλανό Τραπέζι Θα 'ναι μόλις είκοσι...
Rappelle-toi mon corps... Mon corps, rappelle-toi seulement combien tu fus aimé, non seulement les lits où tu t'es allongé, mais aussi ces désirs qui pour toi brillaient ouvertement dans les yeux, qui tremblaient dans la voix – et qu'un obstacle quelconque a empêché de se réaliser. Maintenant que tout cela appartient au passé, c'est presque comme si à ces désirs aussi tu t'étais livré – comme ils brillaient, rappelle-toi, dans les yeux qui te regardaient ; comme ils tremblaient dans la voix, pour toi, rappelle-toi, mon corps. 1918 Θυμήσου, Σώμα... Σώμα, θυμήσου όχι μόνο το πόσο αγαπήθηκες, όχι...
Eleftheria Arvanitaki chante le poème de Constantin Cavafis, Γκρίζα (Gris) sur une musique de Christos Nikolopoulos (Χρήστος Νικολόπουλος) : GRIS En examinant la nuance grise d'une opale, je me suis rappelé deux beaux yeux gris que j'ai rencontrés ; cela fait près de vingt ans... Nous nous sommes aimés pendant un mois. Puis il est allé à Smyrne, je crois, pour travailler, et nous ne nous sommes plus revus. Ils ont dû se ternir - s'il vit encore - ces yeux gris; le beau visage se sera fané. Toi, ma mémoire, conserve-les tels qu'ls étaient. Et ce que tu pourras, mémoire, de cet amour tout ce que...
Le poète Constantin Cavafis ( Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης, 1863-1933) écrit en janvier 1904 : Décembre 1903 Même si je ne peux pas parler de mon amour - si je ne dis rien de tes cheveux, de tes yeux, de tes lèvres ; ton visage pourtant reste gravé dans mon esprit, le son de ta voix reste gravé dans ma mémoire, et ces jours de septembre qui pointent dans mes rêves donnent forme et couleur à mes mots, à mes phrases, quel que soit mon sujet, quelque idée que j'énonce. Ο Δεκέμβρης του 1903 Κι αν για τον έρωτά μου δεν μπορώ να πω — αν δεν μιλώ για τα μαλλιά σου, για τα χείλη, για τα μάτια· όμως το πρόσωπό...
Autant que possible Et si tu ne peux pas mener la vie que tu veux, essaie au moins de faire en sorte, autant que possible : de ne pas la gâcher dans trop de rapports mondains, dans trop d'agitation et de discours. Ne la galvaude pas en l'engageant à tout propos, en la traînant partout et en l'exposant à l'inanité quotidienne des relations et des fréquentations, jusqu'à en faire une étrangère importune. 1913 Όσο μπορείς Κι αν δεν μπορείς να κάμεις την ζωή σου όπως την θέλεις, τούτο προσπάθησε τουλάχιστον όσο μπορείς: μην την εξευτελίζεις μες στην πολλή συνάφεια του κόσμου, μες στες πολλές κινήσεις...